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JACQUES VILET
Le Bord du jour
11/09 -27/10/19


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© Jacques Vilet, Rügen, Stubnitz, Kieler Ufer, 04/1998, 43 x 54 cm

Jacques Vilet a toujours aimé laisser croire qu’il nous montrait le monde bien en face.
Ses photographies réalisées à la chambre grand-format, très nettes, pourraient passer pour celles d’un documentariste. Cependant, pour peu que l’on prête attention aux dispositifs qu’il met en place pour chacun de ses travaux, on se rend compte que ce n’est là qu’un artifice pour nous amener à repenser l’image. Lorsqu’il nous pointe des arbres, le ciel ou parfois même des gens, sans doute ne serait-il pas idiot que nous regardions aussi son doigt. Non pas donc seulement ce qu’il désigne, mais ce qui désigne.

(Certaines de ses séries) sont les parfaites métaphores de cette vision réflexive. À la manière des «vedute», ces fenêtres des peintres italiens et flamands de la Renaissance ouvrant l’espace religieux à une perspective profane, les embrasures affleurant au bord de ses images indiquaient non seulement ce qu’il y avait à voir, mais aussi comment le voir. Elles signalaient une autre vision des choses, autrement dit une autre façon de penser. Elles représentaient ce point de bascule de la perception vers le regard, de la sensation vers le sens, de l’intériorité vers la lumière. Elles préfiguraient en fait tout à la fois le cadre et le cadrage du Bord du Jour.

Le cadre du présent opus de Jacques Vilet est principalement celui de la Poméranie. Une région si spectaculaire qu’elle se donne comme une suite de panoramas que l’on dirait prêts à peindre.
Les falaises de craie de l’île de Rügen, la mer Baltique, les ruines de l’abbaye d’Eldena sont autant de canevas pour des toiles tourmentées. Ce cadrage du Bord du Jour est quant à lui le simple fait de nous laisser savoir que ces lieux sont précisément ceux qui ont été sublimés dans les peintures lyriques de Caspar Friedrich au début du XIXe siècle. Friedrich, le romantique qui cherchait à débusquer la spiritualité dans cette nature chargée d’une symbolique mystique.

Dès lors, par contraste avec sa figuration théâtrale empreinte de religiosité tragique, les falaises blanches, les saules étêtés et les cieux apaisés que nous trouvons dans cet ouvrage semblent surtout nous parler de la simplicité agnostique du procédé photographique. (…)

Jean-Marc Bodson

Extrait du texte du livre «Le Bord du jour» qui paraît chez Arp2 Editions à l’occasion de l’exposition de Jacques Vilet chez Contretype.

Texte intégral

Par courtoisie de la Galerie Albert Dumont




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JOEL NEPPER
Hétérotopie
11/09 -27/10/19


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© Joel Nepper, série Hétérotopie, résidence d’artiste à Bruxelles-Contretype, 2017 , 150 x 75 cm

«Si quelque chose dans la conscience de l'homme a aujourd'hui valeur d'absolu ou d'infini, ce n'est plus la puissance de Dieu ou la puissance de la nature, ni même les prétendues puissances de la morale ou de la culture: c'est «Notre» propre puissance, la puissance d'anéantir!»

(Gunther Anders, «L'obsolescence de l'homme»)

J'ai abordé la résidence chez Contretype en partant de mes souvenirs d'enfant visitant mes grands-parents à Woluwé St-Lambert fin des années 1980. Je me souviens des meubles foncés, des grandes baies vitrées, et de ce terrain vague derrière leur appartement où je jouais, grimpais, m'inventais mille histoires.

En y revenant 20 ans après, je me suis rendu compte que la ville avait tellement «grignoté» cet espace libre et totalement naturel (car non planté et organisé par l'homme) qu'il n'en restait presque plus rien et que les promoteurs étaient déjà en train de s'occuper de ce qui restait.

J'ai décidé d'en faire le théâtre d'une fiction où, dans un futur proche, les «Non-lieux» (1) de Marc Augé avaient reclus les derniers Hommes dans une zone sans fonction et donc vouée à disparaître. (...)

Joel Nepper

Texte intégral

Cette exposition constitue le résultat de la résidence d’artiste menée par Joel Nepper à Bruxelles en 2017.

(1) Marc Augé, «Non-lieux», introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992).




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ORIANE THOMASSON
Nâmbo
11/09 -27/10/19


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© Oriane Thomasson, série Nâmbo, 2018 , 56 x 100 cm

Tout discours use de formes spatiales concrètes pour s’incarner et devenir réellement efficace;
le jardin zoologique est un dispositif spatial sur lequel je me suis penchée, photographiant durant un an plusieurs d’entre eux en France et en Belgique.
La nature y est exotisée, artificialisée, scénographiée, selon différents procédés de monstration, travaillant notre imaginaire et qui sont révélateurs de certains mécanismes de pensée agissant souterrainement dans nos sociétés.
La recréation d’une nature fantasmée, conforme aux attentes du spectateur, est forgée par tout un système de représentations, développé depuis les grandes découvertes; la colonisation et l’histoire naturelle ont largement contribué à la conception d’une nature échantillonnable et reconstituée dans nos musées.
L’homme civilisé institue ainsi un rapport de domination, construit sur sa capacité à faire venir jusqu’à lui une nature sauvage et lointaine et à en proposer une réification par sa muséification, marquant l’empreinte de la culture sur la nature.
La nature, décontextualisée, déracinée de son territoire, est redéployée sous sa forme lisse, purgée de ses aspérités et consommable aisément.
Les plantes artificielles, naturelles, les trompe-l’œil représentant des forêts tropicales, constituent ce décor, qui brouille les représentations.
Ils tendent à fabriquer une “authenticité” qui vise plus une apparence de vérité qu’une réalité.
Le zoo, les serres, les muséums d’histoire naturelle, galeries d’évolution, construisent, et surtout fictionnalisent, une histoire de la relation que l’homme entretient avec la nature.

Oriane Thomasson

Plus d'infos

Ce travail a été remarqué lors du jury des «Propositions d’artistes» en 2018.




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ALEX GD
Obsolescence
11/09 -27/10/19


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© Alex GD, série Obsolescence, 2018 , 60 x 54 cm

«Obsolescence» est un travail de photographie numérique qui retrace une expérience personnelle en tant qu’opérateur de production* dans une entreprise belge. L’opérateur de production est soumis à de nombreux systèmes d’exécution de tâches qu’il doit suivre formellement.

Il collabore étroitement avec d’autres opérateurs et avec des machines programmées en vue de l’exécution de tâches définies. Pour être performant, l’opérateur se perd dans un rôle d’homme-machine et s’adapte à un fonctionnement linéaire, simple et sans erreurs.

«Obsolescence» est le résultat de cette expérience. Ce travail photographique tente de rendre visible des traces de l’existence de l’homme, aussi infimes soient-elles, dans une entreprise qui vise une neutralité absolue.

La série a été construite sur base d’une idée de classification des images. Cette idée est représentée par un code graphique en 4 groupes (+ ? facteur indéfinissable):

- le corps
- la répétition
- la mosaïque
- la procédure

Alex GD

*L’opérateur de production de ligne industrielle conduit et surveille une ou un ensemble de machines destinées à la fabrication, la transformation ou le conditionnement de produits.

Plus d'infos

Ce travail a été remarqué lors du jury des «Propositions d’artistes» en 2018.


Adresse:


Contretype
Cité Fontainas, 4A
1060 Saint-Gilles.
Tél.: 00 32 (0)2 538 42 20

La galerie est accessible au public du mercredi au vendredi de 12 à 18h,
samedi et dimanche de 13 à 18h, sauf jours fériés.
Fermeture du 15/07 au 15/08/19 inclus.
Entrée libre.


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Photo de la Cité Fontainas, Saint-Gilles: Kim Zwarts.








AVEC L’AIDE DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES,
DE LA COCOF ET DE LA COMMUNE DE SAINT-GILLES.

Le vernissage


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Jacques Vilet/Le Bord du jour,

Joel Nepper/Hétérotopie,

Oriane Thomasson/Nâmbo,

Alex GD/Obsolescence


le mardi 10 septembre 2019

Consultez ici


CARACTÈRES


Dernières livraisons de livres à la librairie de Contretype:

Un nouveau monde/Louise Narbo
Darkest Night/Joël Van Audenhaege
Les champignomes/Paolo Gasparotto, André Jasinski, Patrick Liégeois.

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PROPOSITIONS 2019


Sont invités à participer aux "Propositions d'artistes 2019", les auteurs photographes résidant en Fédération Wallonie-Bruxelles, ayant terminé leur cursus scolaire, âgés de 20 ans minimum et n'ayant pas atteint l'âge de 40 ans au 1er janvier 2019.

Date limite du dépôt des dossiers: au plus tard le 17 septembre 2019. Infos


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