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ERIC VAN DIEREN
À perte de vue
14/11/18 - 13/01/19


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© Éric van Dieren, Gran Canaria, 2012, 80 x 120 cm

Sans avoir attendu l’effet de mode du retour à la «slow photography», sans avoir d’ailleurs jamais rien attendu ni suivi en termes de modes ni de tendances, Eric van Dieren a, en un peu plus de quarante ans, patiemment construit une œuvre personnelle et atypique, un peu en retrait, à bonne distance des projecteurs éphémères et des plateaux en vue.

Il a pourtant fréquenté intensivement l’INSAS, reprenant le flambeau de l’atelier photo, dans la foulée d’Edmée Lagrange, pendant plus de trente ans. Et sûrement son œuvre est-elle perméable aux apports cinématographiques, tout autant qu’aux influences musicales ou poétiques… perméable au monde, tout simplement, mais en prenant le temps de le vivre à bonne distance, et à bonne vitesse. (...)

Sûrement son univers, qu’une exposition monographique chez Contretype et une publication transversale saluent enfin, est-il encore trop peu connu. Sûrement n’a-t-il pas pour lui le spectaculaire ou le clinquant qui frappent — fugitivement — les esprits du grand public ou des médias de masse («nouveaux» ou pas). Mais inclassable et indatable, anachronique ou sans cesse actuelle, l’œuvre de van Dieren s’adresse à la part sensible en nous, celle qui s’étonne et se questionne aussi, celle qui prend la peine encore de se demander ce que photographier veut dire et qui se méfie des réponses trop simples. (...)

Emmanuel d’Autreppe, Commissaire de l’exposition

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Carte blanche à Jean-Marc Bodson

KAMEL MOUSSA
Équilibre instable
14/11/18 - 13/01/19


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© Kamel Moussa, série «Équilibre Instable», 2012-2016, 40 x 60 cm

Depuis 1789, à défaut d’accoucher des résultats conformes aux espérances de leurs protagonistes,
les révolutions ont au moins toujours été prolifiques en images. Au point que leurs représentations — gravures et tableaux d’histoire au XIXe siècle ainsi que photographies et films par la suite — ont fini par former avec les images des grands chambardements de l’Histoire un modèle iconographique repérable. Celui de la geste héroïque qui promet des lendemains qui chantent.


(...) La révolution tunisienne entre décembre 2010 et janvier 2011 n’a pas échappé à ce formatage visuel. En témoigne le résultat de la moindre recherche d’images sur Internet qui fait sans surprise apparaître à l’écran le rouge du drapeau national et le noir des cortèges gigantesques et compacts. Chose troublante, la même recherche pour la révolution égyptienne donne un résultat semblable et, à quelques à-plats de vert près, rien n’est bien différent lorsqu’on appelle des images de la guerre civile libyenne. C’est ainsi qu’à l’heure de la globalisation, les représentations diffusées par les médias en arrivent à réduire à quelques signes la connaissance de réalités complexes et singulières, mais en plus à forger des certitudes pour longtemps.

(...) Kamel Moussa est de cette génération de photographes qui ont compris qu’à l’heure du tsunami visuel, la difficulté n’est pas de produire des images, mais d’éviter celles toutes faites qui s’imposent à la prise de vue. Pour lui comme pour eux, l’authenticité tient moins à l’illusoire conformité au réel qu’à une prise de distance résolue avec les clichés de la globalisation. Se défiant autant du scalpel de l’objectivité que de l’esthétique nombriliste, entre description documentaire et vision artistique, il a donc choisi pour dire les difficultés de son pays la voie de cet équilibre instable qui seul vous garde en alerte. Avec lui, nous en venons à comprendre que regarder — véritablement regarder — c’est déjà résister.

Jean-Marc Bodson

Texte intégral

www.kamelmoussa.com




Carte blanche à Pascale Viscardy

LUCILE BERTRAND
vidéo amnesia
14/11/18 - 13/01/19


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amnesia © Lucile Bertrand, 2014

En douze séquences et douze langues, la vidéo amnesia rend hommage aux poètes et écrivains qui préservent la mémoire vive de ce que certains tentent de faire oublier ou même de nier.
Afin d’évoquer au plus juste le souvenir de certains conflits en cours de cicatrisation ou toujours ouverts – au Rwanda, en Grèce, Turquie, Cambodge, Syrie, Russie, Afrique du Sud, ex-Yougoslavie, Allemagne, chez les Indiens d’Amérique et lors de la catastrophe nucléaire au Japon –, sur un même écran (en split screen), d’un côté, une succession de narrateurs disent ou lisent des extraits de textes contemporains, de l’autre, une danseuse-témoin écoute et réagit.

La guerre est l’un des fondements de l’Histoire comme de beaucoup d’histoires individuelles. Même lorsqu’elles se déroulent au loin, les guerres envahissent sans répit notre quotidien et nous laissent désemparés. Quand on sait que vainqueurs et vaincus sont finalement si proches, les guerres ne semblent-elles pas encore plus effarantes ? Peut-on parler de victoire lorsqu’elle se gagne par la destruction et la ruine ? Est-il possible que des victimes – ou la génération suivante – puissent à leur tour devenir bourreaux ? Le déni des faits étant une seconde violence, ses conséquences ne sont-elles pas aussi dramatiques que la première ? C’est ce que questionnent inlassablement celles et ceux qui se succèdent dans amnesia.
Lucile Bertrand

Plus d'infos sur la vidéo

www.lucilebertrand.com


Mardi 11 décembre 2018 à 19h
Mise en discussion des enjeux à l’œuvre dans amnesia, travail vidéographique de Lucile Bertrand, par Marie-Aude Baronian et Aristide Bianchi*

*
Marie-Aude Baronian, docteur en philosophie et en études cinématographiques, est professeure associée à la Faculté des Sciences Humaines de l’Université d’Amsterdam. Elle est spécialisée dans les questions du rapport entre mémoire et image, et entre éthique et esthétique.

Aristide Bianchi, dessinateur, a programmé en 2014 le cycle Jean Grémillon : « à front découvert » (Cinematek) et coorganisé en 2016 deux séances Raymonde Carasco répondant à la présentation bruxelloise de ses carnets Tarahumaras, en présence de Régis Hébraud.





























AVEC L’AIDE DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES, DE LA COCOF ET DE LA COMMUNE DE SAINT-GILLES.

LE VERNISSAGE


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le mardi 13/11/2018, images ici

Éric van Dieren/À perte de vue

Kamel Moussa/Équilibre instable

Lucile Bertrand/amnesia

expo du 14/11/18 au 13/01/19

RENCONTRE-DÉBAT


le mardi 11 décembre 2018 à 19h

Mise en discussion des enjeux à l’œuvre dans amnesia, travail vidéographique de Lucile Bertrand, par Marie-Aude Baronian et Aristide Bianchi.

Infos

PROPOSITIONS D'ARTISTES


Le Jury des Propositions d’artistes 2018 s’est réuni le 23 octobre et a analysé 52 dossiers.

Le prix de cette édition 2018 a été décerné à Arnold GROJEAN. Il bénéficiera d'une exposition personnelle chez Contretype en 2019 et d'une aide à la réalisation.

Le Jury a également distingué les dossiers de Patrick GALBATS, Alexandre GARRIDO DELGADO, Oriane THOMASSON et Lynn VANWONTERGHEM.

Plus d'infos...