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SOIRÉE CONSACRÉE AU PHOTOGRAPHE BELGE JULIEN COULOMMIER


L'Espace Photographique Contretype et le réalisateur Jan Vromman vous invitent le mardi 17 avril 2012 à 19h, à une soirée consacrée au photographe belge Julien Coulommier (°1922).
La soirée se déroulera en présence de l'artiste.

Au programme de cette soirée:

- Présentation de l’artiste et de son travail photographique par François Degouys, Historien de l’Art qui a consacré son mémoire de fin d’études (ULB) à Julien Coulommier.

- Projection de deux documentaires consacrés à Julien Coulommier:

«Efemeria»
(durée: 17:50). Installation audio-visuelle créée en 1958 par Julien Coulommier (diapos) et Chris Yperman (poème). Transcription vidéo en 2012 par Jan Vromman.

Efemeria est une transcription pour vidéo de la projection de diapositives sur bande sonore (un poème lu sur fond de montage sons) de 1958. Cet assemblage de mots, d’images et de sons, dans leur complémentarité, est d’une extrême nudité. La réécriture pour vidéo de 2011 devient alors un acte pur et brut, radical dans sa simplicité. Les diapositives sont du photographe Julien Coulommier, les mots sont écrits et lus par la poète Chris Yperman.
Les images et le texte baignent dans un panthéisme poussé. Derrière le monde visible, il y a un monde qui fait peur. Ce qu’on voit est le deuxième visage des choses.
Hormis les questions de restauration des diapositives et de la bande sonore, s’est posée la question du transfert vers un autre support qu’est la vidéo. La succession, la longueur des images et surtout le caractère des fondus, tout était à réinventer. Poète et photographe ont travaillé dans un esprit libre optant pour une démarche expérimentale, un esprit Cobra, non-figuratif, de photographie subjective.



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Photographie: Julien Coulommier

«Promenade en Soi et Là-bas» (durée: 36:18). Portrait du photographe Julien Coulommier. Réalisation et production: Jan Vromman, 2012.

Le photographe belge Julien Coulommier ne s’occupe ni de l’exotique, ni de l’excentrique, ni de la performance technique sophistiquée; il descend dans les profondeurs de la banalité, intimement liée avec ses sujets. Promenade en Soi et Là-bas n’est pas seulement le portrait d’un photographe, mais aussi celui d’un contexte artistique, de l’esprit du temps dans lequel l’œuvre a été élaborée (Cobra, etc.). Le photographe nous parle de ses photos, de la photographie elle-même. Le portrait évite la glorification, l’hagiographie. Les aspects biographiques, les anecdotes concernant sa vie, sont de loin subordonnés à la focalisation sur le medium-même.

Avant tout, il y a l’émerveillement. Nous présentons un photographe au langage particulier. L’œuvre reste à tous points de vues originale et occupe une place unique dans l’histoire de la photographie.



Un DVD incluant ces deux documents sera mis en vente en ligne dès le 17 avril : www.imaginefilm.be



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Photographie: Julien Coulommier

RÉSERVATION INDISPENSABLE (nombre de places limité) via ce formulaire en ligne
ENTRÉE: 3 € (Gratuit pour les Membres de Contretype, à l'exception des Pass à 5 €)
BAR OUVERT
LIEU: à l'Espace Photographique Contretype



Dr. Gerhard Glücher, à propos de Julien Coulommier, traduction de Silke Röckelein, 1995, extraits


Julien Coulommier, photographe, écrivain, critique et commissaire d’expositions belge, a eu des liens avec l’avant-garde artistique de l’Europe occidentale à partir de 1953. En Allemagne, c’est surtout l’amitié avec Otto Steinert, fondateur de la ‘Subjektive Fotografie’ qui fit connaître le photographe autodidacte. C’est la rencontre avec l’œuvre picturale et photographique de Serge Vandercam qui donna l’impulsion définitive pour l’étude des phénomènes de la nature, sujet constitutif de l’œuvre de Coulommier. Non seulement proche du groupe Cobra, il connaissait aussi des écrivains représentatifs de la poésie concrète ainsi que des sculpteurs et peintres, qu’on appelle ‘abstraits lyriques’, comme par exemple l’Américain Robert Motherwell ou le Suédois Asger Jorn.
Coulommier connut aussi avec Marcel Broodthaers une amitié de plusieurs années. Broodthaers rédigea souvent les titres de photographies ou écrivit des textes pour les catalogues d’exposition de son ami. Le projet commun d’un livre au sujet des ‘Statues de Bruxelles’ fut élaboré, projet qui, toutefois, ne trouva éditeur qu’en 1987, quelques années après la mort de Broodthaers. Dans l’exposition Images Inventées (1957, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles), Coulommier fut représenté par dix travaux. Coulommier investigue les deux secteurs de la ‘Subjektive Fotografie’: la photographie abstraite-subjective (photogramme, luminogramme,…) et la photographie figurative-subjective (interprétation d’un objet). Le regard et la pensée créative du photographe s’adaptent aux modalités de la création photographique imagée pour atteindre des résultats correspondant à son imagination. C’est par l’ambivalence consciemment recherchée entre représentation et objet représenté que les photographies de Coulommier gagnent leur tension. La défiguration de l’habituel se fait déjà dans le concept du photographe, l’interprétation de l’image signifie alors la recherche du deuxième véritable visage derrière le masque de la vision superficielle et fugitive. Lorsque l’artiste entre dans la chambre noire, le procédé de création cherche à découvrir ses mondes magiques et effrayants.



Marcel Broodthaers, à propos de Julien Coulommier, 1957, extrait


Coulommier n’a pas de préférence quant à l’instant le plus favorable. Il tient à ce qu’il dépende uniquement de son univers de sensations. Ce temps sera celui de la prise de vue ou le passage du négatif sous l’agrandisseur. Le flou, l’ombre, la lumière, la composition, la réalité, la technique,... autant d’éléments parmi lesquels joue sa préférence, suivant le lieu et le moment. Il est davantage chef d’orchestre que photographe, plus musicien que peintre. Les images de Coulommier nous entraînent dans les détours d’un rêve et d’une pensée dont la qualité merveilleuse est l’occasion de coïncidences avec nos propres préoccupations. Si nous admettons que l’origine humaine se perd dans le fonds commun de la poésie, les ressemblances négatives ne nous étonneront plus. Il serait fascinant de remplacer définitivement la biologie par la légende. Toutes les images ont un pouvoir d’envoûtement. Celles-ci me paraissent inusables. On peut frapper à leur porte plusieurs fois et recevoir une réponse. Leur puissance de suggestion est profondément élaborée par leur auteur. Ainsi ces photographies sont d’une qualité contemporaine avec ce romantisme dont la finesse a quelque chose d’aussi pur que la rigueur mathématique. Vues de l’avenir, elles garderont à mon sens une partie importante de leur éclat poétique.





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Julien Coulommier est né à Vilvorde, Belgique,
en 1922. Débuts comme photographe en 1946. Expositions/collaborations avec e.a.: Marcel Broodthaers, Serge Vandercam, Asger Jorn, Maurice Wyckaert, Otto Steinert, ...
Organise des expositions (e.a.: Images Inventées, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1957) et réalise de nombreuses publications sur la photographie. Reçoit le Prix de la Communauté Flamande en 1988.

Expositions individuelles: Bruxelles, Palais des Beaux-Arts (1958) - Bruxelles, Contretype (1992) - Paris, Bibliothèque Nationale (1993) - Marbourg, Marburger Kunstverein (1995) - Halle, Staatliche Galerie Moritzburg (1996) - Sedan, Biennale (2002) - Charleroi, Musée de la Photographie: ‘Entre Mondes’-rétrospective (2006) - Anvers, Galerie Baudelaire (2007) -- Bruxelles, Contretype (2008) -Strombeek, Centre culturel, (2009) - Bruxelles, De Markten (2009) - Knokke, White-Out Studio (2010) - Asse, De Ziener (2011).

Le site perso de Julien Coulommier

Jan Vromman est né à Tielt, Belgique, en 1958. Etudes de réalisateur au RITS (Erasmushogeschool Brussel).

Parmi ses nombreuses réalisations:
LE TRIOMPHE DU SERPENT’, fiction (1985) / ‘AVV/VVK’, documentaire, (1988) / ‘HET VERLOREN HOFKE ', théâtre (1988) / ‘GAND 10 JUIN 1989’, portrait d’un groupe de danse (1989) / ‘OMNIUM GALLORUM FORTISSIME CANTANT BELGAE’, doc. (1989) / ‘LE PETIT JEUNE HOMME DE BINCHE’, doc. (1992) / ‘SUPERBARRIO’, théâtre (1992) / ‘L’ART DE COUPER UN ARBRE’, doc. (1993) / ‘LE CHANTRE DEMODOKOS’, installation (1994) / ‘VARKENSPEST’, installation (1994) / ‘DIX FORMULES POUR CONJURER LE DIABLE’, court métrage (1997) / ‘TANT QUE CHANTERONT LES CONSTRUCTEURS DE NAVIRES’, doc. en trois parties (1999) / ‘SAINT JEAN BAPTIST LE GARAGISTE’, théâtre (2000) ‘LA ESTERELLA, IMMER SCHIJNEN’, doc. (2001) / ‘LA CHAISE SUR LAQUELLE JE SUIS ASSIS’, projet dvd avec 56 titres (2003) / ‘LA PREMIERE MARCHE’, installation (2003) / ‘PRESQUE TOUT POUR TROIS FOIS RIEN ET LE RESTE EST GRATUIT’, publication littéraire (2003) / ‘I LOVE YOU, MY WORLD’, doc. (2005) / ‘FEMININ PLURIEL’, dvd/expostion (2006) / ‘CE N’EST QU’UN DEBUT’, trois témoignages (2008)/ ‘EFEMERIA’ Reconstruction pour vidéo d’une création de 1958 de Julien Coulommier et Chris Yperman (2012) / ‘PROMENADE EN SOI ET Là-BAS’, portrait du photographe Julien Coulommier (2012)


François Degouys est né à Charleroi, en 1983. Licencié en Histoire de l'art et diplômé en Gestion culturelle (ULB - 2006), François Degouys a réalisé son mémoire de fin d'études sur l'oeuvre de Julien Coulommier en collaboration avec le Musée de la Photographie à Charleroi. Ce travail a débouché en 2006 sur la rétrospective "Julien Coulommier. Entre mondes". Depuis 2007, il est attaché au Pôle Recherche et publications du Musée de Louvain-la-Neuve (UCL). Ses domaines d'études portent sur la peinture depuis les années cinquante et sur l'estampe au XIXe siècle. Actuellement, il est commissaire de l'exposition "Espace/Temps. Dessins à l'encre" au Musée de Louvain-la-Neuve.