CARACTÈRES


Les ouvrages mentionnés dans cette rubrique sont disponibles chez Contretype



«La photographie en Belgique. Mises au point sur un secteur», étude réalisée par Pool Andries, Emmanuel d’Autreppe et le bureau d’études de l’Association Professionnelle des Métiers de
la Création - SMart, Bruxelles, 2013.





Cette étude de 256 pages dresse un état des lieux du secteur de la photographie en Belgique. Son objectif principal est d’améliorer la connaissance du secteur de la photo et de ses spécificités.

La première partie, «Radiographie du secteur de la photo en Belgique» donne un aperçu de la situation existante à travers un répertoire des formations, des institutions, des différents acteurs et vise à baliser le terrain sans prétendre à l’exhaustivité.

La seconde partie, «Enquête sur la situation socioéconomique des photographes en Belgique», reprend l’analyse des résultats d’un questionnaire en ligne auquel un peu plus de 900 photographes belges ont répondu. L’enquête aborde entre autres la question des statuts, de la nature des activités, des affiliations à des institutions (de représentation et de défense des photographes par exemple), des modes de travail, des revenus et des aides financières.

Ces deux parties sont complétées par des témoignages de photographes et par deux articles. L’un sur les droits d’auteur et le droit à l’image dans le secteur de la photographie et l’autre sur les nouveaux défis pour les photographes face au numérique.

La publication est disponible au prix de 10 € dans les bureaux de SMart. Info: www.smartbe.be



Michel Beine, Highway Motor Hotel


ARP2 Editions et Michel Beine, Bruxelles, 2013 - Texte d'Emmanuel d'Autreppe, en français - 56 pages, 49 photographies en noir et blanc - Format 15 x 20,5 cm - ISBN: 978-2-930115-25-2–
Prix de vente: 22 €




Serait-il juste et utile, si l’on voulait synthétiser la trajectoire photographique de Michel Beine au fil de trois étapes essentielles, d’estimer que Cuba aura constitué pour lui une expérience d’imprégnation ? Le Maroc, une déambulation littéraire et raffinée ? Et l’Amérique, un voyage dans le temps en même temps qu’une initiation photographique, au long d’un chemin rétrospectif ?... Cela sera peut-être réducteur, mais n’en constituerait pas moins une base fiable pour aborder « Highway and Motor Hotel ». Au centre de cette série, ou plutôt comme un filigrane mais qui recouvre la pellicule plutôt que de se fondre en elle, on ne manquera pas de repérer une silhouette intimidante, le grand nom d’un grand regard – un père, peut-être. Car tout chez Michel Beine – sa position frontale et son cadrage, l’objet banal qui retient son attention et le contour du pays tout entier qu’il dessine à travers ses signes culturels – évoque et appelle la figure de Walker Evans, photographe lettré et aventureux, qui allait installer dans la photographie du milieu du XXe siècle cette notion paradoxale, et pourtant si précieuse et féconde, de « style documentaire »... Distance médiane, affect moyen, détails infimes, intelligence des choses logée davantage dans la sensation que dans le sentimentalisme, et jusqu’aux odeurs intimes du cuir passé ou de la terre brûlée par le soleil... La référence fait plus encore que d’influencer ou d’encombrer l’œil et la ligne du temps mentale de celui qui parcourt ces images toutes récentes de Michel Beine : il finit par le faire douter, vaciller, hésiter entre ce sentiment de « déjà-vu » et l’incrédulité (le jamais-cru, le décalé). Mais dans cette pratique de l’anachronisme et cet exercice de discipline du regard que s’impose le photographe, il faut sûrement aussi lire une conscience ironique, amusée, et la marque, peut-être, de ce que certains critiques de la post-modernité (Jean-Pierre Keller, par exemple) ont pu appeler « le syndrome de la deuxième fois » : cette certitude de venir après, ce refus d’imiter tout en citant, cette tentation de se réapproprier tout en inventant, cette dette et cette émancipation tout à la fois, vis-à-vis d’une ascendance culturelle qui nous a fabriqués (et même imprégnés : voyez Hollywood !, tout décrépit soit-il), et que nous prolongeons, à tâtons.

Extrait de la préface d'Emmanuel d'Autreppe



Réédition de l'ouvrage de Michel Beine, Ailleurs


ARP2 Editions et Michel Beine, Bruxelles, 2013 - Texte de Marc Vausort, en français - 56 pages, 49 photographies en noir et blanc - Format 15 x 20,5 cm - ISBN: 978-2-930115-24-5
Prix de vente: 22 €




Philippe Herbet, Lettres du Caucase. Errance romantique


Crisnée, Editions Yellow Now, Collection Côté photo, 2013. Textes et photographies de Philippe Herbet. Format: 21 x 17 cm, 152 pages, 90 illustrations en couleurs, couverture souple
ISBN: 978-2-87340-342-3 –
www.yellownow.be
Prix de vente: 23 €




«Le désir de vagabonder dans les montagnes du Caucase était en moi depuis des années. C'étaient les décors tragiques de romans et de poèmes de Pouchkine, de Lermontov et de Tolstoï, tout un imaginaire. Le Caucase est une zone de tension entre l'univers complexe de la Fédération de Russie et l'Occident, d'enjeux géostratégiques liés aux hydrocarbures et à une tentative d'islamisation radicale de la mosaïque des petites républiques du Nord. Rien ne semble fondamentalement changer dans cette région: les paysages, d'une beauté époustouflante, portent en eux un drame imminent, les frontières fascinent, les différents peuples ont une identité forte, la présence militaire est constante, l'enlèvement est une pratique commerciale ancestrale, les attentats sont fréquents... Dépaysants, les noms mêmes des républiques du Caucase ne cessent de me fasciner. Sur les traces du personnage d'Un héros de notre temps de Lermontov, homme singulier, élégant, ambigu, toujours en fuite, c'est un traité sur l'errance, sur le romantisme et les frontières que j'ai tenté de réaliser à l'aide de la photographie et de l'écriture fragmentaire.»

Philippe Herbet



Olivier Cornil, Homeland Vladivostok


Crisnée, Editions Yellow Now, Collection Côté photo / Angles vifs, 2013. Textes et photographies d’Olivier Cornil. Format: 21 x 17 cm, 160 pages, 120 illustrations en quadrichromie, couverture souple – ISBN: 978-2-87340-338-6 – www.yellownow.be
Prix de vente: 23 €




«J’ai en moi un attrait irrésistible pour l’étranger. Jamais dans l’idée de décrire des ailleurs ni d’expliquer d’autres, juste par besoin d’être confronté à ces ailleurs et à ces autres. Mettre pour la première fois le pied dans un lieu ou un paysage, me transposer dans l’inconnu, me procure des joies énormes. Simples.
Je ne suis pas un globe-trotter. Je pense être de temps à autre atteint du mal du pays. Souvent du mal des miens. La solitude m’est précieuse dans mon quotidien mais m’insupporte quand je suis loin. Quand j’y suis, il m’arrive fréquemment de rechercher ce qui évoque les lieux d’où je viens. Il m’est arrivé de faire de merveilleux voyages sans pouvoir me séparer d’une tristesse. Dans ces moments je me déchire, je m’en veux de ne pouvoir supporter la distance, de ne pouvoir profiter de la chance d’être là-bas. Et pourtant, toujours, dès que j’en ai l’occasion, je repars. Sourire aux lèvres.»

Ce texte d’Olivier Cornil exprime à merveille l’esprit du livre et, plus généralement, celui qui caractérise son travail. L’ouvrage qui vient de paraître aux éditions Yellow Now reprend une sélection serrée d’environ 120 photographies en couleurs parmi les très nombreuses images réalisées par Olivier Cornil entre 2006 et 2013; il correspond à un état de son travail à l’heure actuelle.

Ce livre est le fruit d’un étroit travail de collaboration entre Emmanuel d’Autreppe et Olivier Cornil, une belle rencontre sur le plan humain et professionnel sans laquelle rien n’aurait été possible. Le photographe a pu participer activement à la création du livre, amener des idées précises en termes de choix du papier, de place de l’image, de place du texte (un cahier central concentrant tous les textes), de choix esthétiques, de typographie, le tout constitué en un ensemble cohérent.

C’est le photographe lui-même qui parle le mieux des images qu’il réalise: «…beaucoup de mes images sont le fruit d’instants que je considérerais presque comme magiques. Des accumulations de détails et de lumière qui s’agencent pour m’offrir ces photographies. C’est ce que je capture. Certaines sont de purs moments de félicité.»

On l’aura compris, son envie, avec ce livre, c’est de surtout de partager ces instants magiques avec le lecteur.

Evelyne Biver



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Liens vers les éditeurs:

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Le Caillou bleu

Husson Editions

La Lettre volée

Yellow Now

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