ELINA BROTHERUS
Carpe Fucking Diem
15/11/17 - 14/01/18


Fermé du 24/12/17 au 2/01/18 inclus

Courtesy gb agency, Paris.

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© Elina Brotherus, Dead Fox, 2014, 60 x 90 cm. Courtesy gb agency. Paris.

L'œuvre filmique et photographique d'Elina Brotherus se compose essentiellement de paysages et d’autoportraits. Ses sujets témoignent à la fois de recherches purement formelles et aiment se référer aux compositions de l'histoire de l'art tout en interrogeant l'existence humaine.

Depuis toujours, au fond, Elina Brotherus nous raconte sa vie, avec ses hauts et ses bas, ses émerveillements et ses déceptions. Dans tous les cas, ce qui éblouit et émeut, c’est sa simple présence, cette manière évidente qu’elle a de porter un regard bienveillant et lumineux sur les choses.

Déjà dans sa série Landscapes and Escapes (1998-1999), Elina Brotherus traitait du désir humain de posséder un territoire en explorant la relation existant entre un individu et l'espace qui l'entoure:
«Ma présence dans la photo n’est pas nécessaire. Cependant, la série traite du fait de se représenter par le monde qui nous entoure, et le refléter à travers soi-même».

L'exposition Carpe Fucking Diem reprend le thème de la figure humaine dans la nature, mais cette fois-ci, le sentiment qui s'en dégage est ambivalent. Le titre semble contradictoire: l'allusion à la pensée épicurienne, incitant à savourer le présent dans l'idée que le futur est incertain et que tout est appelé à disparaître, paraît contrariée. (…)

Une photographie la montre, avec son chien dans une main, faisant un doigt d’honneur avec l’autre. Ce doigt d’honneur, c’est bien sûr à cette maternité non accomplie et à cette période si triste de son existence qu’elle le fait. Mais c’est aussi à la mort, à toutes ces contraintes et ces rôles que la société nous fait jouer…

Dans l’ensemble de son travail, la photographe fait preuve d’une grande maîtrise de la lumière, qu’elle utilise toujours naturelle: «Je pense que le monde est tellement intéressant, déjà, que je n’éprouve pas le besoin d’ajouter quelque chose d’artificiel. Je choisis mon cadrage dans ce qui existe.»

Dans ses vidéos récentes, dont nous présentons une sélection, Elina Brotherus utilise les instructions des artistes du mouvement Fluxus. Mirror Piece (2015) et Event for Midnight (2015), par exemple, ont comme point de départ les écritures d'une artiste japonaise, Shiomi Mieko. Les mises en scène de ces petites actions solitaires, la nuit comme le jour, explorent la place de l’homme dans un univers vaste et complexe. Des gestes simples sont rejoués, recadrés pour y trouver un écho presque irréel ou surréaliste. Les images semblent défiler comme un conte à la fois onirique et triste. Le banal devient étrange et le familier presque menaçant.

L'exposition est accompagnée par le livre Carpe Fucking Diem, publié en 2015 par l’éditeur allemand Kehrer Verlag.



Texte constitué d’extraits des écrits suivants:

(1) Nathalie Boutin, texte de présentation de l’exposition «Carpe Fucking Diem» à la gb agency, Paris, 2015.
(2) Patrick Scemama, La république de l’art. http://larepubliquedelart.com/la-douceur-et-le-monde-de-brutes/, 17/11/2015.
(3) Clémentine Mercier, «Elina Brotherus: Broderies sur soi», in: Libération, 7 août 2016. A propos de la rétrospective «La Lumière venue du Nord 1997-2015» au Pavillon populaire, Montpellier.
(4) Interview d’Elina Brotherus par Brigitte Patient, avec intervention de Gilles Mora, dans l’émission «Regardez voir», France-Inter, 11 septembre 2016. https://www.franceinter.fr/emissions/regardez-voir/regardez-voir-12-aout-2017





Elina_Brotherus_Book


Elina Brotherus, Carpe Fucking Diem
Elina Brotherus, «Carpe Fucking Diem»,
Heidelberg-Berlin, Kehrer Verlag, 2015.
Format: 27,5 x 20,5 cm, couverture cartonnée et toilée,
156 pages, 104 illustrations en couleurs, sans texte.
Photos de 2009 à 2014.
Design: Teun van der Heijden.
ISBN 978-3-86828-626-7
Prix de vente: 50 €









ELINA BROTHERUS est née en 1972 à Helsinki, Finlande, et partage sa vie entre la Finlande (Helsinki) et la France (Avallon). Avec la photographie et la vidéo, Elina Brotherus explore le paysage émotionnel, les sentiments de l’individu et tente de déterminer comment celui-ci devient une partie de l’ensemble formé par les autres. Avec un langage délibérément structuré, elle travaille sur sa propre personne à partir des événements de sa vie. Bien que ses autoportraits dominent son oeuvre, elle n'interprète jamais de rôles et ne crée pas de mises en scène. Ses paysages révèlent tout autant la nature de ses sentiments.

Après un Master of Science (Chimie) à l’Université d’Helsinki (1997), Elina Brotherus a obtenu en 2000 une maîtrise en photographie à l’Université d’Art et de Design de Helsinki (actuellement Université Aalto). Elle expose depuis 1997, alors qu’elle poursuit encore ses études.

Elle a déjà exposé à l’Espace Photographique Contretype à plusieurs reprises: en 1999, elle participe à l’exposition collective «Identité fictive», sous commissariat de Jean-Louis Godefroid.
En 2001-2002, elle bénéficie d’une Résidence d’artiste à Bruxelles-Contretype, dont le fruit est présenté en janvier-mars 2003 lors d’une exposition personnelle portant le titre «The New Painting». Fin 2010, elle participe à l’exposition «Ré-collection», avec Hicham Benohoud, André Cepeda et JH Engström. En 2012, elle présente 4 photographies issues de la série "Artist and her model".

Ses récentes expositions se sont déroulées dans ces lieux: Centre Pompidou, Paris; Turku Art Museum, Turku; Mindepartementet, Stockholm (2017); Le Pavillon Populaire, Montpellier ; Fotohof, Salzburg (2016); gb agency, Paris; Martin Asbaek Gallery, Copenhagen (2015); The Wapping Project Bankside, London (2014); Optica center for contemporary art, Montréal (2013); Bloomberg SPACE, London (2010).

Les récentes expositions collectives: Bibliothèque nationale de France, Paris (2017); Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône; MAC Museo de arte contemporaneo, Santiago de Chile (2016); Neue Berliner Kunstverein, Berlin ; Serlachius Museum, Mänttä, Finland; Finnish National Gallery Ateneum, Helsinki (2015); Belfast Exposed ; Fotografie Forum Frankfurt; Museum of Contemporary Photography, Chicago; Tri Postale, Lille (2014); The Photographers’ Gallery, London; Kiasma Museum of Contemporary Art, Helsinki (2013); Louisiana Museum of Modern Art, Denmark; Bozar Palais des Beaux-Arts, Brussels (2012).

Le travail d'Elina Brotherus a engendré de nombreux articles dans les revues d'art et de photographie. Sa nouvelle monographie Carpe Fucking Diem a été publiée en novembre 2015 aux Editions Kehrer Verlag. Auparavant, elle avait déjà publié cinq autres monographies: 12 ans après (Sémiosquare/à compte d'auteur, Helsinki, 2015), Artist and her model (Le Caillou bleu, Bruxelles, 2012), Études d'après modèle, danseurs (Les éditions Textuel, Paris, 2007), The New Painting (Next Level, London, 2005), et Decisive Days (Kustannus Pohjoinen, Oulu, 2002).

Ses photos ont été acquises par ces institutions: Centre National des Arts Plastiques (CNAP), France, Fondación ARCO, Madrid, Fondation Kadist, Paris, Hasselblad Center, Gothemburg, Koç Foundation, Istanbul, Moderna Museet, Stockholm, Musée de l’Elysée, Lausanne, Museo nazionale delle arti del XXI secolo (MAXXI), Rome, et The Finnish Museum of Photography, Helsinki.

Elle a reçu les distinctions suivantes: Carte Blanche PMU 2017, le Prix Niépce 2005 et le Finnish State Prize for Photography en 2008, la bourse «Jeune artiste» du Prix Carnegie et le Prix Mosaïque du Centre National de l’Audiovisuel au Luxembourg. Elle a été récemment présélectionnée pour le Prix Elysée 2017.

Le site perso d'Elina Brotherus