| I André CEPEDA (Portugal, 2000) I BIOGRAPHIE Né le 22/12/1976 à Coimbra, Portugal André Cepeda a suivi les cours de photographie de l'École d'Arts d'Ixelles (1995-96). Cette formation fut complétée ultérieurement par une année en Arts Visuels à Porto (1996-97). Également collaborateur aux Encontros de Fotografia à Coimbra, Portugal de 1991 à 1994, André Cepeda travaille a travaillé comme technicien de laboratoire et a pratiqué la digitalisation d'archives photographiques au Centro Português de Fotografia, Ministère de la Culture, Porto (1997-1999). En 1999, il sest vu attribuer le 2ème Prix du Concours National de Photographie Pedro Miguel Frade, Casa das Artes, Porto. Il se livre également à la performance (vidéo, super 8, diaporama, théâtre et son). On peut citer, dans sa filmographie: Porta para o Exterior, super 8, Porto (1997), O titulo do Filme, Porto (1998) ou Para quem perdeu o significado da palavra, Porto (1999). Pour ce qui concerne les expositions collectives: "Le Japon à Bruxelles", exposition itinérante au Japon (1996), "Espaço Obscuro", installation à Porto (1998), 2è Prix du Concours National de Photographie Pedro Miguel Frade à Porto (1999), "Bruxelles à l'infini", organisée par l'Espace Photographique Contretype aux Anciennes Glacières de Saint-Gilles, dans le cadre de Bruxelles 2000. Il a également effectué de nombreuses performances. "Anacronia", le résultat de sa Résidence d'Artiste à Bruxelles est montrée à l'Espace Photographique Contretype en 2005. Anacronia : démarche Lors de ses différents séjours en Résidence d'artiste à Bruxelles, entre juin 1999 et avril 2000, André Cepeda a réalisé plus de 2000 prises de vues, dont une dizaine ont été présentées dans l'exposition "Bruxelles à l'infini". Cette première présentation "au mur" n'a pas entièrement satisfait le photographe. Après relecture, il nous propose, à partir des mêmes sujets, une nouvelle interprétation correspondant davantage à son sentiment de la ville et à l'état de ses réflexions sur les rapports qu'il entretient avec la photographie. Aujourd'hui, il souhaite montrer toutes les images, bonnes ou mauvaises, ne pas faire de sélection qui pourrait être restrictive par rapport à son parcours, sauvegarder cette mémoire jusqu'à l'excès, ce qui traduit le plus justement sa relation à Bruxelles et sa difficulté d'identification avec le présent. Après avoir digitalisé les 2000 prises de vues, André Cepeda a reconstitué par recadrage 4000 images de plus ; il a "zoomé" pour aller chercher des détails dans l'image, qui sont en définitive les éléments qui ont déterminé les prises de vues. André Cepeda affirme son besoin de reconstruire les images pour donner plus de force à ce qu'il souhaite montrer. De ces 6000 images, il propose deux interprétations complémentaires: d'une part, ces images sont montées en vidéo à la cadence de 15 à 24 images par seconde. Cet excès d'images a pour conséquence l'impossibilité de les considérer individuellement, même de les apercevoir. Toute idée d'information, de documentation et de perception intelligible est annulée par la quantité et la vitesse. Il ne restera qu'une énergie dûe à la compression du temps, réduite de 4 mois à 4 minutes. D'autre part, ces 6000 images seront posées en tas et de façon aléatoire sur une table. André Cepeda souhaite partager cet éphémère livre d'images et invite le spectateur à participer directement par le jeu de la reconstruction afin que chacun y trouve librement son chemin de lecture. Par ces formes de présentation, il souhaite restituer les images selon un processus lié à son expérience; lorsque l'on se promène dans une ville toute la journée, les yeux enregistrent des choses très différentes. On sent, on est en relation constante et furtive; il aimerait que les visiteurs aient accès à tout ce qu'il a vécu à Bruxelles. Ce travail met également en question la relation que l'on a avec la photographie. André Cepeda parle de la relation à l'art comme de la relation à la vie; c'est le besoin de poser des questions pour mieux comprendre: "Je ne m'explique pas comment les choses sont; j'ai besoin de reconstruire plutôt que de m'adapter à ce qui existe déjà". Jean-Louis Godefroid |
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