IEVA EPNERE
Waiting Room (Salle d'attente)
01/04 - 07/06/2015


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Ieva Epnere, de la série Waiting Room, 2013-2014, 55 x 67,5 cm

Bruxelles compte environ un million d’habitants. C’est une des villes les plus internationales au monde. La population est constituée de 27% d’étrangers, sans compter ceux qui ont acquis la nationalité belge. Les personnes d’origine étrangère constituent presque 70% de la population de la ville. 32% des habitants sont des étrangers d’origine européenne, 36% sont d’une autre provenance. Sur ce sujet, les statistiques disent à la fois beaucoup et pas grand-chose.

En déambulant dans les rues de Bruxelles, Ieva Epnere a rencontré des habitants, émigrés ou non, des gens lisant dans les jardins publics, des enfants qui jouent, des familles qui pique-niquent.

Ses photographies nous montrent ces scènes, mais vont au-delà des apparences. En faisant le portrait de ces gens pleins d’espoirs et d’attentes, elle observe le quotidien de citoyens ordinaires et va à leur rencontre au sein du groupe social.

L’écart entre espoir et réalité est présent dans ses images et la mélancolie qui en résulte peut se lire sur les visages de certains de ses modèles. Cependant, son intérêt principal reste l’impact de l’environnement sur la vie des individus. A Bruxelles, elle s’est sentie elle-même une étrangère, à la recherche d’endroits où elle pourrait rencontrer des gens dans sa situation. Dans ses photos, les rues et les jardins publics sont des théâtres en plein air, lieux de rencontres en tous genres.
Sur le plan de la composition, ses images semblent prises au hasard, mais elles jouent sur différents plans: celui du passant au loin, celui de l’ami, celui du flâneur. Certaines images sont en noir et blanc, d’autres illustrent en couleurs ces moments d’une certaine banalité.

Elle nous montre une jeune femme étrangère qui habite Bruxelles depuis plus de 18 ans, dans son appartement, seule ou en présence de proches. Ces images paraissent fortuites mais on sent la fragilité des moments qu’elle décrit et la recherche de cette jeune femme de sa propre image. Les photos d’Ieva Epnere reflètent notre quête à tous: trouver notre place et découvrir qui nous sommes vraiment.

Pour cette exposition, elle présente ses images dans des cadres de tailles différentes semblables à une structure cinématographique ou un mood-board. Il paraît difficile de localiser un lieu spécifique dans ces images, cependant elles nous semblent familières. Des intérieurs privés côtoient des espaces publics qui fonctionnent comme s’il s’agissait d’un lieu de vie collectif. Des ornements abstraits sont présentés à côté de gros plans de bâtiments historiques et de détails d’un parc public. Il n’y a pas réellement de protagonistes dans ces photographies: les personnages sont vus de dos et leurs visages de loin. Néanmoins, elles sont pleines de vie et d’atmosphère.

Un paysage urbain n’existe jamais seul: c’est l’expression de relations et de conventions sociales. D’autre part, la photographie ne décrit pas seulement, mais elle étudie et interprète. Si le paysage urbain est le reflet à la fois d’éléments sociaux, économiques, spatiaux et esthétiques, alors quand le paysage rencontre la photographie, une articulation complexe de la culture contemporaine en émerge.



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Ieva Epnere, de la série Waiting Room, 2013-2014

L’image photographique relie une certaine histoire à une certaine vision, un souvenir à un endroit, un endroit à une histoire et un texte à une identité. L’image est en relation avec la connaissance et l’expérience et fournit une toile de fond à ces inscriptions. Les photos d’Ieva Epnere présentées comme des collages ne racontent pas d’histoires, mais évoquent plutôt des rencontres et des impressions. Quelles impressions et observations sur la ville faut-il exposer, quel aspect des choses, des mots, quelle vision, quel discours, quel contenu, quelle expression? Plusieurs images montrent des détails isolés, sans fournir une vue d’ensemble du contexte du parc ou du coin de la rue où elles ont été prises. Elles explorent visuellement l’environnement et sont donc aussi exemplaires qu’énigmatiques. D’autres photographies nous présentent des gens chez eux, les convertissant en symboles de la ville que nous appréhendons à travers les yeux de l’artiste.

Regarder ces photographies disposées aux murs, c’est comme visionner un film: au bout d’un moment, on se familiarise avec les personnages, leurs rôles, la situation et l’histoire; toutefois on espère que quelque chose d’inattendu arrive.

Les impressions bruxelloises d’Ieva Epnere ne sont pas spectaculaires et suggèrent que la réalité en elle-même peut dépasser la fiction. L’homme qui promène son chien et les enfants qui jouent dans un jardin public ressemblent à des figurants dans un scénario inconnu, mais cela ne signifie pas qu’on peut les ignorer facilement. L’interaction entre couleur et lumière dans les compositions méticuleuses d’Ieva Epnere, semblables aux peintures hollandaises de paysages, leur donne un air familier, sans qu’elles ne deviennent pour autant communes. Elles constituent plutôt des exemples d’une ethnographique du quotidien, passée par le filtre du regard de quelqu’un qui préférerait abandonner son statut d’observateur informé et l’échanger contre la position d’ami.

Vanessa Joan Müller, historienne de l'art et critique d'art

Avec la collaboration de l'écrivain et poétesse lettonne Agnese Krivade (1981) pour les textes inclus dans l'exposition



Dans le cadre du Programme des Résidences d'artistes à Bruxelles-Contretype, initié en 1997
par Contretype avec le soutien de la Commission Communautaire française (COCOF).




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En collaboration avec le Service culturel de l'Ambassade de Lettonie

Dans le cadre de la Présidence Lettonne du Conseil de l'Union européenne

Avec l'aide du VKKS (State Culture Capital Foundation)



Biographie de Ieva Epnere

Née à Liepaja, Lettonie
Vit et travaille à Riga, Lettonie, dans le domaine de la photographie, de la video et de l'installation

Études:

2003 Latvian Academy of Art, Department of Visual Communications (MA), Riga, Lettonie
2012 HISK (Higher Institute for Fine Arts), Gand, Belgique

Expositions récentes:

2015 Exposition solo, Contretype, Bruxelles, Belgique
2014
Exposition solo, Galerie des Hospices,
Canet-en-Roussillon, France
2014 14e festival China Pingyao International Photography (PIP), Chine
2014 Viewfinders, Baltic and Nordic Contemporary Photography (coll.), Photomonth, Riga Art Space, Riga, Lettonie
2014 60. International Short Film Festival Oberhausen, international competition, Allemagne
2013 Exposition solo, Kim ?, Contemporary Art Centre, Riga, Lettonie
Salon der Angst (coll.), Kunsthalle Wien, Vienne, Autriche
Circulation(s (coll.), Photofestival, Paris, France
2012 Fat Birds don’t Fly (coll.), Netwerk, Center for contemporary Art, Alost, Belgique
2012 About Waves and Structure. Behaviour, Disagreement, Confidence and Pleasure (coll.), HISK, Gand, Belgique
2010 The Green Land, kim?, Contemporary Art Centre, Riga, Lettonie
2009 Darbi, Kulturforum Alte Post, Neuss, Allemagne

Prix / Awards:

2015 kim? Residency Award, finalist
2014 Riga International Film Festival, prix 2ANNAS du Best Baltic Experimental Short
2013 Finaliste du Henkel Art Award, Vienne, Autriche
2011Meesterproef Vlaamse Bouwmeester, Genk, Belgique

Web Site: www.ievaepnere.com