MASSAO MASCARO
RAMO

19/11/14 - 18/01/15


Fermé du 24/12/14 au 6/01/15 inclus

Petite salle


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Massao Mascaro, de la série Ramo, 2013-2014

“Quella città mi è stata causa e io sono uno dei suoi effetti.”
“Cette ville a été une cause et je suis un de ses effets.”

Erri de Luca

C’est un travail qui s’intéresse à la mémoire et aux racines, celles de mon arbre familial. Famille d’immigrés Calabrais, du sud de l’Italie.

Là, des arbres fruitiers innombrables et immobiles, poussent les uns contre les autres dans un fatras de végétation. Un chaos de branches, que le scalpel de la lumière découpe, épineuses, vieilles, trapues, courbées, tentaculaires qui attrapent le ciel et tissent un lien, entre ciel et terre. Le ciel gris, celui du Nord Pas de Calais, “terre d’accueil et de travail“ pour l’arrivée en décembre 1956 de Tommaso e Teresa, mes grands-parents, i nonni, une fille de cinq ans, mamma, et son frère, zio.
Un aller simple, solo andata. La terre ocre, celle de Pianopoli, leur village d’origine. Piano/poli signifie le village sur un plateau. Il est né d’un écroulement, lors d’un tremblement de terre en 1870.

Rupture.

Séparé de son village d’origine, du flanc de la montagne, détaché du ciel, plus près de la terre. Aujourd’hui, la montagne surplombe le village et la campagne fertile le berce.
Entre ces deux silences, il y a le dialecte effronté, le chant des casseroles qui mijotent “se magna”,
la percussion des cartes frappées du poing sur la table, les hommes jouent ‘a scopa.



Le travail de Massao Mascaro a été remarqué par le jury «Propositions d’artistes 2013» de Contretype.


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Massao Mascaro (°1990), photographe français, vit et travaille à Bruxelles. Diplômé de l'ESA le 75 en 2013, il est membre fondateur de La Grotte, collectif de photographes.

Créer de l’image pour développer un langage, voilà la finalité essentielle de sa pratique photographique. En noir et blanc, sa démarche autonome lui permet d’intervenir sur les différentes étapes de développement de l’image et ainsi d’y investir la subjectivité de son regard.

Dans le cadre du projet autobiographique intitulé
Ramo (2010-2014), il découvre les multiples sens pouvant être portés par l’image en construisant un récit qui mêle la mémoire de sa famille italienne et ses propres souvenirs. Ce dernier puise dans la richesse de la terre fertile de Calabre, dans les visages des hommes travaillant à la lumière du soleil, les éléments permettant de rapprocher l’Homme de la nature et de reconstituer ainsi les éléments de la mémoire d’une famille de paysans avec la terre pour seule ressource. A travers la succession des images, c’est la généalogie d’une famille qui se dévoile pas à pas.

De novembre 2014 à janvier 2015, le projet
Ramo sera exposé chez Contretype à Bruxelles. Il s’agit à ses yeux d’une étape inévitable dans la réalisation de ce langage photographique qui, désormais formulé de façon cohérente, doit trouver un écho auprès de la sensibilité d’autrui, puisque ce n’est que dans le dialogue qu’une voix peut se faire entendre.

Un livre auto-édité en 2013 a également permis un échange plus large sur ce travail.

Le site du collectif La Grotte