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(Dernière mise à jour: 25/05/2018)

EXPOSITIONS


HECTOR ACEBEC IN AFRICA, 1948-1953 à la Box Galerie
du 25 mai au 7 juillet 2018


Acebes
© Hector Acebes, autoportrait avec un jeune garçon, Afrique de l’Ouest, 1953

Si la carrière photographique d’Hector Acebes (1921-2017) fut relativement courte – à peine 5 ans – elle fait montre à la fois d’un indéniable talent et d’une grande maîtrise technique. Rien ne prédisposait ce jeune homme de bonne famille au destin qui fut le sien : d’origine espagnole et colombienne, né de parents industriels et commerçants, il étudia dans les meilleures écoles, avec pour point d’orgue un diplôme d’ingénieur obtenu au prestigieux Massachussetts Institute of Technology de Boston. La photographie n’était alors pour lui qu’un hobby, même s’il la pratiquait avec sérieux et assiduité. Son avenir professionnel était en théorie tout tracé (...)
Fin 1947, Acebes se rendit en Espagne, où il retrouva un producteur avec lequel il devait travailler sur un film de fiction. Le projet tomba finalement à l’eau et, plutôt que de retourner immédiatement en Amérique, il décida de partir à la découverte de l’Afrique du Nord. Ce fut une révélation: le virus de l’Afrique s’était insinué en lui! Les couleurs, les odeurs, l’architecture, le mélange des cultures, les paysages et – surtout – les habitants, tout le fascina. Ce premier voyage au Maroc donna déjà naissance à certaines de ses photographies les plus fortes. Il passa à nouveau quelques mois en Afrique en 1949, cette fois principalement au Mali, rejoignant Tombouctou à dos de dromadaire. Cette fois, l’immersion était totale (...).
Mais l’essentiel de l’œuvre photographique d’Hector Acebes date de 1953, lorsqu’il traversa le continent par son milieu, partant de Dakar à l’extrême ouest pour aboutir un an plus tard à Nairobi et, ensuite, Zanzibar. (...)
Les images ramenées de cette ultime expédition africaine – et qui marquent par ailleurs la fin de sa pratique sérieuse du médium – sont les plus abouties. Même si l’on y retrouve quelques vues de paysages et d’architecture (en particulier des mosquées de terre en pays dogon), l’humain y est au centre de toutes choses. Acebes se révèle un portraitiste exceptionnel, traitant et montrant ses modèles comme ses pairs, constituant un corpus aux antipodes de la photographie«coloniale», voire même ethno ou anthropologique. À l’évidence, ce ne sont pas les différences mais les similitudes qui suscitent l’intérêt du photographe. L’autre est véritablement un alter ego. Rien d’exotique ni de folklorique dans ces scènes sans emphase. De la beauté, des regards complices, des attitudes familières. De l'humanité.

Alain D'Hooge


Box Galerie: Chaussée de Vleurgat, 102 - 1050 Bruxelles. www.boxgalerie.be



ADVENTURES IN THE LE VALLEY/Polly Braden & David Campany à la Fondation A
du 22 avril au 17 juin 2018


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Saturday Morning, Stamford Hill, Spring, 2005 © Polly Braden & David Campany

Histoires sans paroles, le petit livre intitulé Adventures in the Lea Valley, publié par les éditions Hoxton Mini Press en 2016, rassemble des photographies prises par Polly Braden et David Campany. C’est à la fois un carnet de voyage et un journal intime. Les images ont été réalisées à l’aide d’une caméra et d’un posemètre à partager. Elles sont le résultat de plusieurs moments passés à se perdre le long de la Lea Valley. Prenant sa source au nord de Londres, la rivière Lea s’écoule à l’est de la ville pour se jeter dans la Tamise. « Monde vert et humide », la vallée de la Lea est une zone hybride où la diversité et l’inattendu invitent à la flânerie. On y trouve un curieux de mélange de petites usines et de bâtiments abandonnés, de décharges et de réserves naturelles, de logements sociaux et d’appartements chics, de terrains de football ou de golf…

Les deux photographes anglais cherchent autant à décrire un lieu qu’à témoigner d’une expérience. Une partie de cette zone en friche, devenue récréative, sera profondément réorganisée par la venue des Jeux olympiques en 2012 et par l’accélération de la gentrification induite par cet évènement.

Paysages ou portraits, les photographies de Polly et David flirtent par moments avec la tradition du réalisme social. Certaines images rappellent celles prises le long de l’ancienne route A1, The Great North Road, par Paul Graham, d’autres mettent en scène, un peu comme dans les tableaux de Jeff Wall, des personnes en suspens, voire en attente d’un dialogue. D’Incidents et de rencontres, ces photographies sont autant de constructions visuelles qui nouent et dénouent les liens entre observation et production d’images photographiques afin de décrire les contradictions sociales, la contingence d’un lieu et son altérabilité.

Fondation A Stichting: 354, avenue Van Volxem - 1190 Bruxelles (Forest). Ouvert, du jeudi au dimanche, de 13h à 18h. Fermé le lundi, mardi et mercredi. Visites possibles sur rendez-vous. Site Web



L'HOMME DANS TOUT SES ÉTATS à la Maison Pelgrims/Saint-Gilles
les week-ends du 26-27 mai et du 2-3 juin 2018


Philippe Herbet
© Philippe Herbet/h6>

«Cette exposition est à prendre dans tous les sens du terme « états » : aussi bien dans la localisation du reportage, à Bruxelles, en Belgique, en Europe, dans le monde, que dans le sens de ses activités : travail, loisirs, voyages, incarcérations, études, lieux de vie, rites religieux ou même portraits post mortem. Certains photographes – aujourd’hui décédés – ont réalisé ces photographies au XIXe siècle, d’autres les ont réalisées il y a peu mais toutes ont en commun de montrer une facette des activités de l’Homme. Ce vaste sujet, qui date de l’origine de l’espèce humaine et qui diffère de pays en pays, de siècle en siècle, n’est apparu sous la forme de la photographie que vers 1840 avec les daguerréotypes et aujourd’hui, après le progrès apporté par de multiples procédés de plus en plus sophistiqués, avec la photographie numérique.

Au XIXe siècle, la représentation de l’Homme était encore limitée essentiellement aux portraits photographiques, réalisés en atelier, de papes et prélats, de rois et princes, de présidents et ministres, d’industriels et d’artistes. Le XXe siècle a vu, quant à lui, apparaître un intérêt pour les images de la vie quotidienne de ceux – curieux – qui ne vivaient pas comme eux. Ils voulaient savoir comment vivaient ou mourraient d’autres hommes, leurs voisins, tout comme ceux vivant aux antipodes ; en regardant les images des congés payés, de la guerre, des ouvriers au travail ; des artistes de théâtre ou de cinéma les plus connus, des mendiants sur les porches des églises ; des vacances de la riche bourgeoisie dans leurs palaces de la Côte d’Azur ou des voyages des explorateurs intrépides. Puisse cette première évocation développer la curiosité des visiteurs et les inciter à regarder autour d’eux et moins l’écran de leur smartphone.».

Participants: Herman Bertiau, Bernard Boccara, Jean-Marc Bodson, Raymond Dakoua, Robert de Wavrin, Isabelle Detournay, Jean-Paul Emonds-Alt, Norbert Ghisoland, Thierry Grare, Philippe Herbet, Steven Houins, Jean-Christophe Huet, Alphonse Jacques de Dixmude, Laurent Muschel, Paolo Pellizzari, Yves Pitchen, Pascal Rouet, Jean-Manuel Simoes, Emile t’Serstevens, Pierre Vasic.
Michel Husson, Commissaire de l’exposition

Maison Pelgrims: 69, rue de Parme, 1060 Bruxelles (Saint-Gilles)



EPHEMERIA et YOU ARE ALL THAT I REMEMBER/Chrystel Mukeba au Centre culturel Le Jacques Franck
du 25 mai au 24 juin 2018

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Chrystel Mukeba, photographe déjà remarqué lors de l’exposition des 40 ans du Centre Culturel Jacques Franck, occupera maintenant l’entièreté du hall d'exposition pour sa première exposition solo. Elle y présente deux séries récentes, « You Are All That I Remember » et « Ephemeria ».

La première est très sombre, le traitement de la lumière fait penser à des tableaux anciens et l’autre est très clair, proche de la disparition. Chrystel Mukeba voit dans ses photographies le reflet de paysages intérieurs et ressent ce besoin presque viscéral de figer les choses pour ne pas les laisser s’échapper. Ses photographies sont d’une extrême délicatesse et vous offriront un moment de contemplation, entre le rêve et la réalité.

Centre Culturel Jacques Franck: Chaussée de Waterloo, 94 - 1060 Bruxelles (St-Gilles). https://lejacquesfranck.be



HOMESICK/France Dubois à Chantier(s) Art House
du 11 au 26 mai

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Lorsqu’une maison devient une prison, au Japon, certaines pensent à l’évasion. En imposant leur radicale disparition. Avant de prendre la liberté, dont on les a tellement privées, de revenir errer sur les lieux pour infliger à leur mari, au-delà de la peur, une éprouvante nostalgie du temps passé et susciter peine et regrets. Et pour s’amuser un peu aussi.

Dans cette série d’autoportraits, France Dubois s’est laissée hanter par les projets macabres des défuntes d’une maison traditionnelle japonaise et a posé ça et là leurs silhouettes atones ou en flottaison comme autant de conversations et de jeux funèbres où chaque apparition est le prétexte au début d’un roman domestique.

La série Homesick a été publiée sous forme de livret d'artiste, photographies de France Dubois et texte d'Astrid Chaffringeon. Édition limitée: 25€.

Chantier(s) Art House: Auguste Rodin, 33 - 1050 Ixelles. https://chantiers-arthouse.com



ALBERT DADA/Philippe Herbert à la Galerie Jacques Cerami
du 19/05 au 23/06/2018


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© Philippe Herbet

La France et l’Europe de la fin du XIXe siècle sont obsédées par la question du vagabondage, par les sans-papiers qui errent d’une ville à l’autre. La fugue devient un trouble médical avec un diagnostic précis. Albert Dadas (1860 – 1907) est l’une des premières personnes atteintes d’automatisme ambulatoire, aussi nommée « dromomanie ». Son médecin, le docteur Philippe Tissier va poser le diagnostic de sa folie dans sa thèse intitulée « les aliénés voyageurs ». 
Albert Dadas, un modeste employé du gaz à Bordeaux, va faire des fugues qui dureront de plusieurs jours à plusieurs années, en perdant à la fois ses papiers et son identité, mais jamais sa pulsion de partir, de marcher, de découvrir. Certains prétendront qu’il est un simulateur. 
Je me suis attaché à ce personnage, nous avons des points communs, un traumatisme crânien, une mémoire défaillante, de grands maux de tête, nous pleurons vite, des poussées mélancoliques, le goût du voyage et des grands espaces, l’errance à tout prix, l’attirance pour le nord-est, le sens de la propreté vestimentaire, un rapport spécifique à Liège, le besoin irrésistible d’aller dans une ville dont le nom nous plaît, etc. 
Aussi, j’ai éprouvé très vite la nécessité de réaliser un double projet lié à sa grande fugue de 1880/1882. Elle le mènera de Valenciennes à Moscou en passant par Liège, Cologne, Wurzbürg, Regensburg, Linz, Vienne, Prague, Berlin, Varsovie, Minsk. À Moscou, il est soupçonné d’être un anarchiste et emprisonné avant d’être expulsé de Russie avec d’autres prisonniers. Il se déplace ensuite à Istanbul avant de filer à Vienne, Munich, Strasbourg pour arriver en Suisse. Épuisé, il se rend à Bâle où il se constitue prisonnier auprès du consulat de France. À Lille, il sera condamné à trois ans de travaux publics pour désertion avec effets et armes. « Je suis parti parce que mes camarades me faisaient trop de misères », avait-il déclaré lors de son interrogatoire (combien de fois n’ai-je pas eu cette idée les dimanches soirs lors de mes années au collège et, ensuite, lors de mon service militaire et encore plus tard lorsque j’ai eu un travail régulier pendant onze années). J’ajoute que j’aime l’idée de refaire le parcours d’un homme modeste. 
Dans ce projet qui suit l’itinéraire de la grande fugue de 1880/1882, je m’identifie à Albert Dadas. Je suis son fantôme et il est le mien, je suis dans le cadre, à la fois son acteur et le mien. Grâce à des temps de pause longs, de 30 secondes à plusieurs minutes, je capte des moments où la durée s’inscrit sur les pixels du capteur. À travers des mises en scène, nous nous incarnons donc, lui et moi, dans un hors temps universel. Des autoportraits, mais pas au sens strict, ce n’est à la fois ni moi ni lui. Ce sont nos apparitions ou nos disparitions. La disparition de soi est une problématique contemporaine étudiée par le sociologue David Le Breton dans son essai « Disparaître de soi ». C’est également ma tentation.

Philippe Herbet

Galerie Jacques Cerami: Route de Philippeville 346 - 6010 Couillet (Charleroi). www.galeriecerami.be



PHOTOGRAPHIC FIELDS/Joel Van Audenhaege au Hic
du 10 mai au 1er juin 2018


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Ces images ne sont ni fenêtres, ni mirroirs. Elles n'ouvrent pas sur un espace extérieur ; à peine perceptibles, on cherche à voir, non une sensation, un sentiment, une introspection : quinze versets visuels pour tromper l'ennui, conjurer le sort, le phlegme, la geule-de-bois, la chance, la déprime, les aléas, le non-dit, les paris, les démons de la nuit, la maladie, peut-être la mort, comme des incantations impromptues. Si l'on n'est pas tout à fait sorti d'affaire, si l'on ne sait pas toujours bien où on en est ou où l'on va, on devrait malgré tout bien s'en acquitter, plus ou moins, tout compte fait, cette fois-ci du moins.

Editions publiées par ARP2 disponibles en librairie.

Hic Gallery: rue Rodenbach, 51 - 1190 Bruxelles. http://lehic.be



Lucia Radochonska à l'Espace Galerie Flux
du 11 mai au 6 juin 2018


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© Lucia Radochonska, photo argentique sur papier baryté, Août 2016

Espace galerie Flux: 60, rue Paradis - 4000 Liège. Ouvert du jeudi au samedi de 16 à 19h. www: flux-news.be



CHAQUE JOUR, JE SUIS AVEC TOI/Sarah Lowie à la Centrale for Contemporary Art
du 29 mars au 27 mai 2018


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« L’important, c’est de voir le recul effectué. Les émotions et les sentiments changent, s’estompent, se modifient. Rien n’est constant si ce n’est le changement. Il s’agit de notre histoire. L’histoire de notre amour. C’est la suite de Sixmille… ». Sarah Lowie.

Lauréate de la Ville de Bruxelles – Prix Médiatine 2017, Sarah Lowie a suivi des études en photographie à l’ESA le Septante-Cinq à Bruxelles, complétées par une année supplémentaire en sérigraphie et gravure. Elle a exposé pour la première fois à la galerie Contretype à Bruxelles en 2016, puis aux Boutographies 2017 à Montpellier.
Sarah Lowie était invitée à Art Truc Troc, organisé par BOZAR en janvier 2018, et a réalisé un Extra-Fort à Recyclart en février 2018. Elle a reçu le Prix Médiatine 2017, Prix de la Ville de Bruxelles, lui permettant d’exposer à la CENTRALE (espace Centrale Box).

CENTRALE for contemporary art: Place Sainte-Catherine, 44 - 1000 Bruxelles. www.centrale.brussels



PINHOLE EXHIBITION au 29 Place de la Vieille Halle au Blés
Nathalie Hannecart, Olivier van Rossum, Laurie Staquet, Severine Fautrelle, Elke Van Der Kelen et Rosemary Laneau.
du 28 avril au 27 mai 2018


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Workshop sur la Pinhole Photography donné par Rosemary Laneau, le dimanche 20 mai et le lundi 21 mai, de 13 à 17h.

Frais de participation: 10€. Inscriptions et infos: baxtongallery@gmail.com - 025132224). Organisation: Baxton Gallery.



YOUNG Forever au Centre Culturel d'Hasselt
du 10 février au 10 juin 2018


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© Jacqueline Roberts

Avec la participation de: Charlotte Beaudry (B), Zaza Bertrand (B), Thomas Chable (B), Joseph Charroy (F/B), Alain Delorme (F), Isabelle Detournay (B), Youri Dirkx (B), Soraya Hocine (F), Frieke Janssens (B), Lionel Jusseret (B), Alain Laboile (F), James Mollison (Ken-GB), Antony Neuckens (B), Jacqueline Roberts (Esp-F), Olivier Smolders (B), Jody Steyls (B), Bénédicte Vanderreit (B), Annie Van Gemert (Nl), Thibaud Yevnine (F).

Commissaire de l'expo: Emmanuel d'Autreppe.

Centre Culturel d'Hasselt: Kunstlaan 5, B-3500 Hasselt. www.ccha.be



CALATHEAS/Christian Carez à la Galerie Détour, Namur
du 16 mai au 16 juin 2018


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Calathea crocata, l’appellation latine qui désigne la couleur safran des fleurs rares, fugitives, fait penser à « croqué », broyé, et peut-être avons-nous affaire ici à une métaphore de l’écrasement qui menace les espèces, dont la nôtre.

(…)
Les contemplant davantage, dans l’abandon requis par leur mélancolie foisonnante, on peut y distinguer d’autres visages. Ceux, flétris et tenaces, des rescapés des camps, des victimes de viols de guerre, des enfants mal grandis ou des vieux délaissés. Et cette attention au « petit reste »*, c’est celle du photographe qui, millimétrant sa distance, sculptant l’ombre et la lumière, détaillant chaque tige, feuille, pétiole, guide notre regard, par cette fiction pudique, vers la résistance.

Caroline Lamarche

*Expression qui, dans la Bible, désigne le peuple persécuté.

Galerie Détour: Avenue Jean Materne 166 - 5100 Namur (Jambes). www.galeriedetour.be



A LOVE SUPREME/Liliane Vertessen au Musée de la Photographie de Charleroi
du 28 avril au 16 septembre 2018


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© Liliane Vertessen, Sha, Yaak Valley, Mod Shocked, 1989

Agée de huit ans, chaussée de patins à roulettes, Liliane Vertessen longe chaque jour les vitrines des bars à soldats de sa ville natale. Elle aime leurs néons, la couleur des rideaux, les motifs des robes des prostituées qui sont gentilles avec elle. Dans le grenier de la maison familiale, avec des morceaux de toile, de tulle et de papier, elle coud et tricote des vêtements qu’elle agrémente de tirettes et de médaillons de paquets de cigarettes que sa grand-mère détruit aussitôt.
A l’âge de quinze ans, après une fugue à Paris qui ne dépassera pas Liège, elle rencontre un beau garçon qui partage toujours sa vie. Ensemble, ils formeront un groupe musical où Liliane chante, joue du trombone et de la flûte traversière, s’habille de robes et de pantalons colorés qu’elle a confectionnés. Ils partent aux Etats-Unis, à New York et en Californie, écouter les musiciens qu’ils admirent, dorment dans les bus, les gares et sous les porches. Ses robes et ses manteaux font l’admiration des musiciens noirs.
Avec de modestes appareils photographiques, elle entreprend à la fin des années ‘70 de se photographier dans des tenues provocantes qu’elle achète dans des magasins de lingerie sexy avant de les transformer. Elle assume la précarité de ses tirages évoquant les affiches de concerts, les couvertures de revues underground qu’elle encadre de satin, de velours, de dentelles et de plumes, qu’elle greffe de néons aux mots simples éclatant comme des slogans au-dessus de son corps dénudé.
La photographie est pour elle une étape dans un plus long processus : la simplicité du dispositif – l’angle d’une pièce, un rideau de fond – laisse entrevoir le plaisir de ce rendez-vous devant l’objectif, un rituel où le spectateur est autant confronté au corps du modèle qu’à son regard même, tour à tour spectateur ou voyeur.
Loin du narcissique selfie, Liliane Vertessen use de son corps comme d’un matériau, à l’égal d’une danseuse, en offrant la troublante empreinte telle une moderne icône.



Egalement au Musée de la Photographie de Charleroi:

ENTRECHATS
du 28 avril au 16 septembre 2018


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© Elodie Ledure, Donna, 2016

Quatre millénaires à le fréquenter n’ont pas suffi à dégoûter le chat de l’homme malgré les tourments que celui-ci n’eût de cesse de lui infliger au long d’un patient compagnonnage qui le voit aujourd’hui devenu « animal de compagnie » ; quatre mille ans durant lesquels ce félin a patiemment observé l’homme, s’en approchant par cercles concentriques, malgré les massacres, les bûchers, la sorcellerie, les coups et les abandons, pressentant en sa ténacité qu’il y avait avec cet autre mammifère une aventure à tenter et qu’à certains d’entre eux il deviendrait indispensable.
Pareille obstination lui valut la célébration des peintres, des sculpteurs, des poètes, des musiciens et des photographes. Des sculpteurs anonymes de l’ancienne Egypte, cet Orient dont il semble nous être venu, à André Malraux, en passant par Homère, Michelet, Poe, Chateaubriand, Dumas, Ravel, Apollinaire, Bonnard ou Steinlen, tous ont loué sa beauté, son élégance et ses vertus, tous ont aimé ce veilleur silencieux, ce génie domestique, cause de tant de bonheur et de complicité.

Parce que le chat dans son mystère et son élégance est une figure artistique, un sujet d’art prisé des photographes autant que des écrivains, le Musée de la Photographie et le Musée du Chat s’associent pour présenter une exposition dédiée au chat dans la photographie.

Ce ne sont pas moins de soixante photographies et vidéos qui seront présentées dans l’exposition Entrechats. Autant d’œuvres de créateurs qui ont su donner ou rendre, l’espace d’un instant la place qui revenait au Chat dans l’art.

Photographies de: Corrado Amati + Dave Anderson + Nobuyoshi Araki + Jane Evelyn Atwood + Michel Auder + Roger Ballen + NIKOLAJ BENDIX SKYUM LARSEN + Thomas Boogaert + Edouard Boubat + Franck Christen + David Claerbout + Denise Coenen + Isabelle Detournay + Laurent Dupont-Garitte + Peter Fischli & David Weiss + Martine Franck + Filip Gilissen + Douglas Gordon + Dan Graham + Gregory Halpern + Rob Hornstra + Izis + Alain Janssens + Serena Korda + Adolphe Lacomblé + Karl Lagerfeld + Roger Laute + Jacky Lecouturier + Elodie Ledure + Charles Leirens + Vjola Leskaj + Pierre Liebaert + Gareth Long + Michel Loriaux + Bénédicte Loyen + LES Frères Lumière + Etienne-JULES Marey + Duane Michals + Eadweard Muybridge + Françoise Nuñez + Charles Paulicevich + Marc Pierret + Anick Pillionnel + Bernard Plossu + Michael Queenland + Lucia Radochonska + Robert Rauschenberg + Bettina Rheims + Barbara Rix-Sieff + Willy Ronis + Aldo Sessa + Jeanloup Sieff + Jean-François Spricigo + Thierry Struvay + Filip Tas + Ivan Thomas + Arthur Tress + Luc Vaiser + Jean-Marc Vantournhoudt + Oriol Vilanova + Weegee + CLARENCE White + Hughes de Wurstemberger.

En collaboration avec le Musée du Chat ASBL.

Commissariat: XAVIER CANONNE ET CATHERINE MAYEUR



EMOSONG/Giancarlo Romeo
du 28 avril au 16 septembre 2018


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© Giancarlo Romeo, Elisabeth

La série Emosong de Giancarlo Romeo est née de son désir de réaliser un projet avec les résidents du centre de jour « Le Phare » au sein de l’IRSA (Institut royal pour Sourds et Aveugles) où il travaille. Une à une, ces personnes, des hommes et des femmes en situation de handicap mental, visuel, auditif et/ou moteur, ont vécu l’expérience d’un studio photo, endossant le rôle de modèle mais également celui d’assistant. Giancarlo Romeo les a invités à choisir une chanson à diffuser lors de leur passage devant l’objectif et à en citer ensuite un extrait significatif pour eux.
Il découle de cette démarche un ensemble de portraits en noir et blanc, de format carré, imprimés sur un papier délicat. En laissant le choix aux résidents d’écouter une chanson qui les touche, le photographe laisse leur attention se porter sur la musique et non plus sur le contexte d’une prise de vue en studio. Ils en oublient qu’une image va fixer ce moment et laissent libre cours à leur expression.
Les photographies puissantes de Giancarlo Romeo sont parfois dures, mais conçues dans un grand respect. L’émotion ressentie – mais aussi partagée avec le photographe – est tangible, tout en demeurant contenue.

Musée de la Photographie de Charleroi: 11, avenue Paul Pastur - 6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne). Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
www.museephoto.be



HARRY GRUYAERT - Retrospective, au FoMu d'Anvers
du 9 mars au 10 juin 2018


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Brussels, Rue Royale, 1981 © Harry Gruyaert / Magnum photos

Harry Gruyaert (Anvers, °1941) est un des photographes les plus célèbres du pays. À travers cette rétrospective, le FOMU esquisse une image riche et surprenante de son œuvre. Gruyaert est un des pionniers de la photographie couleur et, depuis 1982, un membre éminent de l'agence photo renommée Magnum.

L'exposition s'articule autour de ses clichés les plus emblématiques. Chaque photo dévoile un univers propre et unique, construit avec une maîtrise de la couleur, de la lumière et de la composition. Gruyaert parcourt le monde, animé par une quête incessante de la beauté du quotidien.
La puissance narrative poétique de Gruyaert s'exprime pleinement dans trois séries. Rivages (2003) rassemble des clichés avec l'horizon et la mer au premier plan. East West (2017), publiée récemment, oppose la palette de couleurs de Moscou en 1989 à celle de Las Vegas et de Los Angeles en 1981. La conceptuelle TV Shots (1974) est considérée par Gruyaert lui-même comme son œuvre la plus journalistique et est visible au FOMU sous forme d'installation vidéo.

L'utilisation de la photographie couleur – avec son film Kodachrome de prédilection – est la marque de fabrique de Gruyaert. L'exposition au FOMU montre cependant aussi sa polyvalence et se concentre sur certains aspects relativement méconnus de sa carrière : ses débuts en noir et blanc, une campagne de mode pour Hermès, les couvertures des éditions Penguin de poche de Georges Simenon, un hommage au cinéaste Michelangelo Antonioni, des clichés de famille et différentes photos sur commande.
L'exposition Harry Gruyaert – Rétrospective dresse un tableau exhaustif d'une illustre carrière. Ce « moment poétique » sous-tend l’œuvre de Harry Gruyaert pour qui photographier permet de faire surgir les conditions d’un émerveillement.

Curateurs : Rein Deslé et Joachim Naudts



Egalement à la programmation du FOMU:



Monsanto®: A Photographic Investigation/Mathieu Asselin
du 9 mars au 10 juin 2018


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Van Buren, Indiana, 2013. Courtesy of Mathieu Asselin.

La multinationale Monsanto® suscite la controverse depuis des années déjà. Aujourd'hui, la société de biotechnologie est principalement connue comme le leader du marché des semences génétiquement modifiées et pour son fameux herbicide Roundup. Mathieu Asselin (FR, °1973) enquête depuis plus de cinq ans les effets des activités de Monsanto® sur la population et le paysage.
Il photographie des décharges aux États-Unis, réalise le portrait de victimes vietnamiennes et américaines du défoliant Agent Orange et met au jour les pratiques des lobbys. À l'aide de photos, de publicités, de bulletins d'informations et de nombreuses autres sources, Asselin dresse une image nuancée et claire de l'histoire de la société, dans l'espoir de se faire une idée de ce que l'avenir nous réserve.

En 2017, l'acquisition de Monsanto® par la société chimique allemande Bayer a été annoncée. La Commission européenne n'a, à ce jour, pas encore approuvé ce rachat. Les organisations environnementales, les scientifiques et les organisations de défense des droits de l'homme mettent en garde contre les conséquences profondes de cette mégafusion sur l'agriculture dans le monde, car « qui contrôle la nourriture, contrôle le peuple » (Henry Kissinger).

La publication Monsanto®: A Photographic Investigation (Actes Sud/Kehrer Verlag) a été récompensée l'année passée par l'Aperture First PhotoBook Award et nominée pour le prestigieux Deutsche Börse Photography Prize 2018.

L'exposition est une coopération avec les Rencontres d’Arles. Curateurs: Rein Deslé et Sergio Valenzuela Escobedo.

FoMu: Waalsekaai, 47 - 2000 Antwerpen. Ouvert du mardi au dimanche de 10 heures à 18 heures. Site Web



NATURE, JUNGLE, PARADIS/Clarisse Hahn au CRP Nord
du 17 mars au 27 mai 2018


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Clarisse Hahn, de la série "NATÜR", 2018, production CRP/ © Clarisse Hahn.

L’exposition personnelle de Clarisse Hahn, Nature, Jungle, Paradis nous propose à travers de nouvelles productions présentées en regard de séries plus anciennes fondatrices de sa recherche et d’images vernaculaires du fonds du CRP/, une plongée dans l’œuvre plurielle et exigeante de cette artiste dont le travail se déploie entre la vidéo, le cinéma, la photographie et l’installation.

Poursuivant le projet de dresser une véritable archéologie vivante de la modernité et prolongeant une réflexion sur le langage des corps, sur ce que les gestes et postures figées dans les images disent de nos sociétés, l’artiste s’intéresse ici aux récits et mythes fondateurs de l’état de nature. De la crise des migrants aux jeunes garçons jugés, aux travailleurs des mines, en passant par les peuples exotiques ou les corps des athlètes prénazis, c’est une fresque de l’humanité à la recherche d’un paradis perdu que construit Clarisse Hahn.

La démystification proposée implique une mise à nu de ses propres projections et fantasmes qui amène à se questionner sur la nature humaine. L’artiste ouvre ainsi des brèches dans les images pour en faire ressortir la vérité du réel.

Lieu: galerie du Centre régional de la photographie Nord - Pas-de-Calais, Place des Nations - 59282 Douchy-les-Mines.
Site du CRP


RESIDENCES, ATELIERS, APPELS À PROJETS, STAGE, CONCOURS...


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FESTIVALS ET COLLOQUES


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DIVERS


TURNING PHOTOGRAPHY

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A l’occasion la 57ème Biennale de Venise pour laquelle Dirk Braeckman a été désigné comme représentant de la Communauté flamande dans le pavillon belge, la FWB et le Flanders Art Institute ainsi que d’autres partenaires se sont associés pour mettre en ligne un dossier spécial autour de la pratique de la photographie contemporaine présentant pas moins de 55 artistes belges du secteur.

La sélection de Dirk Braeckman pour le Pavillon belge à l’occasion de la 57e Biennale de Venise est apparue pour les initiateurs de cette opération comme l’occurrence rêvée de mettre en lumière les artistes les plus audacieux œuvrant aujourd’hui en Belgique dans le champ de la photographie. Leur positionnement privilégiant l’autoréflexion a permis d’envisager de nouvelles - et audacieuses - tentatives de redéfinir les possibles de la pratique photographique. Aussi, Turning Photography propose une sélection ordonnée de portraits d’artistes augmentée d’essais signés par des critiques faisant autorité dans le secteur: Steven Humblet, Danielle Leenaerts,
Anne-Françoise Lesuisse, Arjen Mulder et Joachim Naudts.

Parallèlement à une vaste sélection d’artistes et de photographes à la renommée plus ancienne et établie, Turning Photography met l’accent sur une génération de jeunes photographes et artistes visuels émergents. Leur travail a été sélectionné en raison de la spontanéité dénuée de déférence envers des pratiques photographiques plus conventionnelles qui en émane.

Turning Photography présente une série d’essais et d’interviews signés par des critiques renommés ainsi qu’une sélection de portraits d’artistes dont le travail a permis une exploration expérimentale et une réévaluation critique du rôle du photographe dans la perspective élargie des arts visuels contemporains et de la culture. Turning Photography invite à la découverte des facettes multiples du travail de ces artistes emblématiques de la tendance actuelle à réenvisager les possibles de la photographie.

Turning Photography est une initiative du Flanders Arts Institute en étroite collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, BOZAR – Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, FOMU - Fotomuseum et M - Museum Leuven et se veut une introduction à la photographie contemporaine belge pour les professionnels internationaux de l’art.

http://turningphotography.be



ARTIST PROJECT/Iles asbl


Initié par ILES asbl, Artist Project est une plateforme dynamique, active dans le conseil et l’accompagnement d’artistes. Son objectif : aider les artistes à valoriser leurs projets et à acquérir plus d’autonomie dans leur parcours professionnel. Pour ce faire, ses trois missions sont d’informer, former et conseiller les artistes ainsi que tous les publics intervenant dans les domaines créatifs. Equipe: Christelle Cornez (direction), Géraldine Van Houte (coordination), Alexandre Pintiaux (juriste), Anne D’hond, France Morin et Davide Lavoratornovi (Conseil, accompagnement et formation).
Artist Project récolte également un ensemble d’appels à projets, de résidences, de concours et autres initiatives en cours dans le secteur de la musique, des arts scéniques et des arts visuels. Si vous souhaitez être informé au quotidien, ces appels sont insérés au fur et à mesure sur leur site ou leur page Facebook.

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BROWNIE

logo_Brownie


Depuis août 2017, BrowniE est une plateforme de valorisation de la photographie « de » et « en » Belgique, conçue et animée par Justine (journaliste) et Boris (graphiste). On y trouve des outils (agenda des expositions photo en Belgique, carnet d’adresses spécialisé), des informations (actualités, appels à projets), des présentations de livres et d’expos, des interviews d’acteurs du monde belge de la photo, et bien sûr, des photographies (portfolios, rubriques Le doigt dans l’œil et La vie domestique). L'accès à ce contenu, riche et diversifié, est gratuit.

http://browniephoto.be



LE LABEL DIGIGRAPHIE®


APP Photolab a obtenu le label "Digigraphie®". Il s’agit d’une reconnaissance internationale d’excellence en matière d’impression. Ce label permet aux artistes photographes de produire des séries limitées, numérotées, signées et estampillées de leurs œuvres originales en très haute qualité, avec une durée de vie de plusieurs générations.

La Digigraphie® est un label qui répond à des critères précis et à des usages stricts. Seuls certains imprimeurs sélectionnés avec soin, certains papiers et encres ayant subi des tests de vieillissement poussés obtiennent ce label. C’est le gage de sa valeur et la condition de son succès. Un certificat est fourni avec chaque tirage. Adoptée par les artistes, les galeries et les collectionneurs, la Digigraphie® est devenue LA référence dans l’impression numérique d’art.

La Digigraphie® offre à chaque artiste l'occasion de diffuser ou de vendre plus largement sa création en lançant une série limitée de qualité. Elle empêche tout plagiat puisque chaque œuvre est numérotée, estampillée et signée. L'artiste peut produire ses œuvres en fonction de la demande.

La Digigraphie® ouvre un nouvel horizon pour la reproduction numérique d’art. Grâce à elle, le monde de l’art exploite enfin tous les avantages des technologies numériques, tout en garantissant une qualité et une conservation exceptionnelles des œuvres produites.

Les artistes digigraphes ont désormais leur site : www.digigraphie.com
Chaque artiste peut y être inscrit en vue d’y présenter son portfolio d’œuvres certifiées « Digigraphie® ».

Le site d'APP Photolab: www.app.be