OLIVIER CORNIL
Homeland Vladivostok
28/08 - 20/10/13


In English



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Olivier Cornil, Eve, Harzé, 2011

Sans doute ne célébrera-t-on jamais assez les vertus du hasard. Et la bonne idée qu’ont certains de s‘y engouffrer… Pour Olivier Cornil, un premier hasard croisé fut la rencontre inopinée avec le travail de Paul den Hollander. Alors qu'en première année de philosophie il part à Breda, dans la famille d'une amie, afin de s'isoler pour réviser ses examens à venir, il atterrit dans la maison de ce photographe. Sur le seuil, il tombe nez à nez avec une série de ses images (1) qui le touchent. Un changement s'opère: il trouve une envie.
Il oublie dès lors la phénoménologie et autres morales, et de retour chez lui s'inscrit au «75» (2), second hasard qui survient: ce n'est pas un choix délibéré, mais cette école est la seule à Bruxelles qui dispense des études de photographie en trois ans, ultimatum surtout financier pour Olivier, dont le cursus scolaire est jusqu'alors chaotique. Cette école fut pour lui une chance: «une porte ouverte à un vrai développement, un réel accompagnement vers une construction personnelle».
Depuis, pour lui, sa vie de photographe est rythmée de rencontres et de contacts, le plus souvent fortuits. C'est ainsi qu'elle se construit: hasards cultivés et appréciés.

Dans le travail qu'il mène depuis une dizaine d'années, il construit un univers personnel. Sa photographie est un mode d'expression, une manière de raconter des histoires. Fruit d'une envie qui se veut généreuse de donner au spectateur, de partager, de guider l'attention sur ce qui attire son regard. Il aime se qualifier d'anecdotier: personne qui recueille ou raconte des anecdotes. «Que ce soient des images ou des textes, ce sont de petites fenêtres que je décide d’isoler et qui expriment certaines choses qui me semblent intéressantes, mais qui ne le seront peut-être pas pour d’autres». Il dévoile en effet depuis peu des textes en parallèle avec ses images. Il propose un récit, il rapporte des histoires ancrées dans le réel, avec une volonté de laisser beaucoup de liberté dans la façon dont les gens vont les recevoir et créer le lien entre textes et images. Pas de légende, donc, plutôt une forme de journal qui serait une vision complémentaire. «Mon idée, c’est qu’en mettant les images avec les textes, et les images les unes à côté des autres, les gens puissent aller voir plus loin que ce qui est représenté. La représentation en soi n’est pas pour moi ce qu’il y a de primordial dans l’image. Ce que les gens peuvent ressentir est certainement aussi important que ce qu’ils peuvent regarder».

Ses images peuvent paraître moroses, voire tristes, mais il s'en défend: il parle plutôt d'ambiguïté. Tout en se qualifiant d'optimiste, il cherche dans la grisaille de son pays natal (et dans celle d'ailleurs) une forme de beauté. Il estime la mélancolie, la trouve riche. Peut-être parce que pour lui rien n'est simple. Il veut dès lors cultiver cette ambiguïté, faire mentir les apparences qui lui semblent trop évidentes. Il parle d'inventer son monde, entre douceur et humain, mélancolie et beauté. Un monde qu'il juge ambigu, ce qui lui plaît.

Ainsi cette exposition Homeland Vladivostok et le livre du même titre paru aux éditions Yellow Now (3), fruits de deux séries, qui nous parlent d'ici et d'ailleurs.
Homeland c'est ici, même dans cette grisaille donc, qui est sienne, ou qu'il a fait sienne: «Mes images cherchent à traduire ce que j’apprécie ici. Parfois seulement un sentiment ou un humour. Simplement un paysage».
Ailleurs c'est là-bas, mais pas à Vladivostok: il n'y a jamais mis les pieds. Il s'agit d'un voyage personnel, d'une idée du voyage. Vladivostok est le titre qu'il a choisi pour cette série de photographies de nombreux pays visités, le mot qui exprime le mieux pour lui les notions d'éloignement et de dépaysement: «J’en ai toujours rêvé. Le nom, sa musique. Symbole. Mon Ailleurs».
Une manière, également, à nouveau, de brouiller les pistes et d'interroger: mélanger les images d'ici et d'ailleurs, sans y accoler de légende. Laisser chacun se demander si son imaginaire reconnaît ce qu'il regarde, et si ce qu'il regarde correspond à ce qu'il croit.

Une belle série d’images en couleurs, toutes de format carré. On y trouve beaucoup de tendresse et de sincérité, une envie de partager ce qui a pu l’émerveiller, d’apporter une forme de beauté.

D’après un entretien Evelyne Biver-Olivier Cornil, juillet 2013

Site web: www.oliviercornil.be

(1) Les très belles photographies de la série «Les pyramides du nord»
(2) Ecole supérieure des arts de l’image «Le 75» à Bruxelles
(3) Olivier Cornil, Homeland Vladivostok, Crisnée, Editions Yellow Now, 2013. Voir présentation du livre dans la rubrique Caractères.



Olivier Cornil est le lauréat de la sélection Propositions d'artistes de l'année 2012 de l’Espace Photographique Contretype, concours ayant pour objectif d'encourager la création en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Avec l’aide de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Commission communautaire française (COCOF).


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UNE EXPO, UN LIVRE
OLIVIER CORNIL, HOMELAND VLADIVOSTOK



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«J’ai en moi un attrait irrésistible pour l’étranger. Jamais dans l’idée de décrire des ailleurs ni d’expliquer d’autres, juste par besoin d’être confronté à ces ailleurs et à ces autres. Mettre pour la première fois le pied dans un lieu ou un paysage, me transposer dans l’inconnu, me procure des joies énormes. Simples.
Je ne suis pas un globe-trotter. Je pense être de temps à autre atteint du mal du pays. Souvent du mal des miens. La solitude m’est précieuse dans mon quotidien mais m’insupporte quand je suis loin. Quand j’y suis, il m’arrive fréquemment de rechercher ce qui évoque les lieux d’où je viens. Il m’est arrivé de faire de merveilleux voyages sans pouvoir me séparer d’une tristesse. Dans ces moments je me déchire, je m’en veux de ne pouvoir supporter la distance, de ne pouvoir profiter de la chance d’être là-bas. Et pourtant, toujours, dès que j’en ai l’occasion, je repars. Sourire aux lèvres.»

Ce texte d’Olivier Cornil exprime à merveille l’esprit du livre et, plus généralement, celui qui caractérise son travail. L’ouvrage qui vient de paraître aux éditions Yellow Now reprend une sélection serrée d’environ 120 photographies en couleurs parmi les très nombreuses images réalisées par Olivier Cornil entre 2006 et 2013; il correspond à un état de son travail à l’heure actuelle.

Ce livre est le fruit d’un étroit travail de collaboration entre Emmanuel d’Autreppe et Olivier Cornil, une belle rencontre sur le plan humain et professionnel sans laquelle rien n’aurait été possible. Le photographe a pu participer activement à la création du livre, amener des idées précises en termes de choix du papier, de place de l’image, de place du texte (un cahier central concentrant tous les textes), de choix esthétiques, de typographie, le tout constitué en un ensemble cohérent.

C’est le photographe lui-même qui parle le mieux des images qu’il réalise: «…beaucoup de mes images sont le fruit d’instants que je considérerais presque comme magiques. Des accumulations de détails et de lumière qui s’agencent pour m’offrir ces photographies. C’est ce que je capture. Certaines sont de purs moments de félicité.»

On l’aura compris, son envie, avec ce livre, c’est de surtout de partager ces instants magiques avec le lecteur.

Evelyne Biver

Olivier Cornil, Homeland Vladivostok, Crisnée, Editions Yellow Now, Collection Côté photo / Angles vifs, 2013. Textes et photographies d’Olivier Cornil. Format: 21 x 17 cm, 160 pages, 120 illustrations en quadrichromie, couverture souple – ISBN: 978-2-87340-338-6 – www.yellownow.be
Prix de vente: 23 €





Olivier CORNIL: né à Charleroi, Belgique en 1976.
Vit à Braine-le-Comte, Belgique. Travaille un peu partout en Belgique et, dès qu'il en a l'occasion, ailleurs.

Etudes:

Ecole Supérieure des arts de l'image le 75, Bruxelles (2001).

Expositions individuelles:
2013: Homeland Vladivostok, Espace photographique Contretype, Brussels (B)
L'anthèse, Biennale de photographie en Condroz, Marchin, (B)
2012: Les Anecdotiers, la Charcuterie, Bruxelles (B)
Rien de plus, rien de moins, Espace de la salle de bains, Espace Photographique Contretype, Bruxelles (B)
La quadrature du vide, Recyclart, Bruxelles (B)
2011: Elsewhere, Inside, Cultureelcentrum, Hasselt (B)
2009: Mon Pays Noir, Coalface Gallery, Genk (B)
Fuite(s), Photogallery, Bruxelles (B)
2008: Autour de mon Pays Noir, L'Annexe des Brasseurs, Liège (B)

Expositions collectives (sélection):
2013: Pixsea Award, Knokke (B)
2011: Propositions d'artistes, Espace Photographique Contretype, Bruxelles (B)
Nord(s) Regards Croisés, Transphotographiques, Lille (F)
2010: Borders / No Borders, Kommunale Galerie, Berlin (D)
Des polaroids / des amis, Jacky Lecouturier, les Brasseurs, Liège (B)
2009: Cube, Beijing (CH)
2007: Collection d'architectures, Centre Wallonie-Bruxelles, Paris (F)
2002: En présence, Maison de la Culture, Tournai (B)
2001: En présence, Les Chiroux, Liège (B)

Résidences:
2012-2013: L’anthèse, résidence pour la biennale de photographie en Condroz, Marchin (B)
2011: La Quadrature du Vide, dans le cadre de Jonction, Recyclart, Bruxelles (B)

Prix/Awards:
Nominé PixSea Award, Knokke (B), 2013
Lauréat: Propositions d’artistes, Espace Photographique Contretype, Bruxelles (B), 2012

Publication récente:
Olivier Cornil, Homeland Vladivostok, Crisnée, Editions Yellow Now, 2013

Site web: www.oliviercornil.be




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