Les Résidences d'artistes à Bruxelles

LUCAS ETTER, FRANÇOIS GOFFIN,
ARMAND QUETSCH, SARAH MORISSENS
Projet: Bruxelles


Résidence d'artiste réalisée en 2005





Lucas Etter, extrait de Projet: Bruxelles



François Goffin, extrait de Projet: Bruxelles

Les quatre initiateurs du Projet: Bruxelles n'y sont pas nés. Aujourd'hui, deux d'entre eux y vivent, les autres l'ont quittée. C'est en sortant de l'école Le 75 qu'est née l'envie commune de voir la ville, de la documenter.

Mais comment y voir clair? Bruxelles, ce serait la somme d'un million de points de vue.
Peut-être plus, ou bien serait-ce moins? Car à travers ses images, il devient difficile de voir la ville. C'est un lieu commun, mais ce n'en est pas moins vrai. Comment leur échapper? Comment voir par-delà les façades?

L'idée de départ était de documenter la ville, d'y jeter ses yeux, de la rencontrer à travers les images qu'elle offre. Finalement, ce sont elles qui se sont mises à se jouer de leurs auteurs.
À l'usure, elles eurent raison de leur volonté d'effacement. Chacun repoussé dans ses retranchements ne put que développer un point de vue plus personnel, menant sa propre bataille avec les images.

Le regard de l'un s'est mis à fonctionner comme socle aux images des autres. C'est ainsi que la magie du projet apparut: c'est la complémentarité des points de vue, le dialogue que les photos nouent entre elles qui en fait la raison d'être. De la même façon, cet échange se fait avec d'autres images, prises ailleurs, par d'autres photographes. Car photographier est une pratique référentielle: une image "nouvelle" existe toujours par rapport à d'autres images.

Être photographe, c'est tant se laisser déborder par les images des autres que se laisser envahir par le lieu où l'on se trouve.

Tout comme leurs auteurs, les habitants des images de Projet:Bruxelles semblent être en proie à la ville; l'espace d'un instant, elle semble définir tout leur être.

C'est dans ce langage hétérogène mais complémentaire, aussi anarchique que rigoureux, que Sarah, Luca, Armand et François ont (dé)joué la démarche documentaire. Chacun développant son approche, sachant que le regard des autres appuierait son propos.

Dans cette exposition, quatre points de vues s'entrecroisent, se chevauchent et entrent en résonnance. Débordé par les images, acculé à prendre parti - à se créer une image propre -, ce sera au tour du spectateur d'(entre)voir Bruxelles.

Johan Vonck




Armand Quetsch, extrait de Projet: Bruxelles



Sarah Morissens, extrait de Projet: Bruxelles

Lucas Etter est né en Suisse en 1981. Il est titulaire d’un diplôme en Arts Visuels, option Photographie à L’École Supérieure de l’Image «Le 75» et d’un Certificat d’Aptitude Pédagogique. Il partage sa vie entre Bruxelles et la Suisse. On lui doit notamment une série sur le Monastère de Chevetogne, des photographies de concerts et différents projets sur des villes et territoires. Il travaille aussi en tant que photographe pour le cinéma, pour la presse et anime des cours traitant de la photographie.

Le site perso de Lucas Etter

François Goffin est né en 1979 dans le Condroz liégeois, Belgique. Il est venu à la photographie grâce à Ferré dont il est inconditionnel depuis l’âge de quinze ans. Il tombe par hasard sur un bouquin de Hubert Grooteclaes qui était un pote de Ferré, voit une interview du photographe et réalise que c’est ce qu’il veut faire: «se promener sans se prendre la tête». Puis, il se met à regarder les images… Sa deuxième rencontre en photo, c’est Lucia Radochonska, qui enseigne alors à l’IATA à Namur. La voir s’extasier pendant un quart d’heure sur ses photos de museaux de moutons, il trouve ça génial et du coup, il commence à s’intéresser à son travail. Elle connaît bien Grooteclaes, et puis Jean-Louis Vanesch est un fan de Ferré; les choses se mettent en place doucement...

Il fait ensuite des études de photographie au 75, Bruxelles, «mais ça démarre surtout après», avec sa première exposition à Contretype (Projet: Bruxelles en 2006, avec Luca Etter, Sarah Morissens et Armand Quetsch). Il expose la même année notamment au Centre culturel de Marchin, Belgique et à la Biennale de la Photo d'architecture La Cambre, Belgique. En 2007, il prend part à l’exposition Et le bonheur!/Biennale de photographie en Condroz, Belgique et expose au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris, France et au Museu de Arte Brasileira de Sao Paolo, Brésil dans le cadre de l’exposition CO2 – Bruxelles à l’infini initiée par Contretype. En 2008, il remporte avec la série Réminiscence le Prix Médiatine 2008, Bruxelles, Belgique et expose la série Les choses simples au Centre culturel de Namur, Belgique. En 2009, son travail est présenté à l’Espace Photographique Contretype, Bruxelles, en parallèle avec la parution de sa première monographie aux Editions Yellow Now, Crisnée, Belgique.

Le site perso de François Goffin

Armand Quetsch est né en 1980 à Luxembourg. Il est diplômé de L’Ecole Supérieure des Arts de l’Image «Le 75». Après des débuts où il se consacre au portrait, sa démarche s’oriente vers l’enregistrement simple de paysages, de formes, de détails.
L’ensemble de ses sujets lui permettent le jeu de la construction et de la déconstruction, où il manipule la forme mais toujours avec un souci documentaire.
Ses images ont été montrées à Vienne (A), Esch/Alzette (L), Varsovie, à Arles, lors des Rencontres Internationales de la Photographie (projet WiP), ainsi qu’à Oslip au Burgenland (A), où il a participé à un workshop avec des artistes et compositeurs internationaux. Il vit et travaille à Bruxelles.

Armand Quetsch sur Facebook

Sarah Morissens est née à Cotonou (Bénin) en1981; elle est détentrice d’un diplôme en arts visuels à l’Ecole Supérieure des Arts de l’image «Le 75»
Elle débute son parcours par un travail sur les «entraîneuses» d’un night-club bruxellois. D’emblée, ce reportage va inscrire une direction sociale dans sa pratique de la photographie.
Au fil de ses thèmes, elle développe une approche basée sur l’humanisme et la proximité.
Adepte du voyage, elle se rend aux Philippines et réalise un travail en couleurs sur la semaine sainte. Ensuite, toujours en couleurs et maintenant de façon quasi exclusive, Sarah aborde la rue et s’y adonne avec régularité et plaisir. Son déclic spontané cherche à saisir ce que la street photography des années 70 avait développé: spontanéité et émotion.
Aujourd’hui, après avoir réalisé un travail sur sa ville, Bruxelles, elle retourne à son premier sujet: les entraîneuses.

Sarah Morissens sur Facebook

Expositions organisées par Contretype:

Projet: Bruxelles (Lucas Etter, François Goffin, Armand Quetsch, Sarah Morissens), à l'Espace Photographique Contretype, 2006

Les choses simples (François Goffin), à l'Espace Photographique Contretype, 2009

François Goffin, dans le cadre de l'exposition collective itinérante Co2-Bruxelles à l'infini: Cracovie (2006), Sao Paulo (2007), Paris (2007), Bucarest (2008)